Hyperloop : au Canada, le train à très haute vitesse avance doucement

Le 27 août 2020 par Victor Miget
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Ce projet pourrait faire économiser 300.000 tonnes d'émissions carbone par an à l'Alberta.
Ce projet pourrait faire économiser 300.000 tonnes d'émissions carbone par an à l'Alberta.
TransPod 2020

La société canadienne TransPod, qui développe un train Hyperloop, a annoncé mardi 25 août, avoir signé un protocole d’entente (PE) avec le gouvernement de l’Alberta (Canada). Objectif : développer un train à très haute vitesse entre Edmonton et Calgary.

 

Une première pour TransPod. Un gouvernement –celui de la province de l’Alberta (Canada)- lui apporte directement son soutien. La société, basée à Toronto, a annoncé, avoir signé un protocole d’entente (PE). Le projet vise à exploiter une ligne commerciale qui couvrirait les 300 km qui séparent les villes de Calgary et d’Edmonton. Et ce, en 30 minutes seulement.

Le système de transport à grande vitesse est en cours de développement pour transporter des passagers et des marchandises dans un tube à basse pression à une vitesse de 1.000 km / h. Pour rappel, le train est équipé d’une propulsion magnétique à entraînement électrique et est zéro émission. La province, pourrait réduire ses émissions carbone jusqu’à 300 000 tonnes par an.

Trouver l’argent

Ce protocole d'entente permet à TransPod d'entamer un processus afin d’attirer des investissements privés. Et il va en falloir, car le projet est évalué à plusieurs milliards de dollars. Malgré le PE, le gouvernement de l’Alberta n'a pour l’heure engagé aucun financement. La province aidera TransPod dans son étude plus approfondie sur la faisabilité de développer sa technologie en Alberta, aidera à identifier les terrains qui peuvent potentiellement accueillir une piste d'essai et participera à des discussions avec les investisseurs potentiels.

«En soutenant l’étude de faisabilité de TransPod, Alberta Transportation fournira des informations importantes contribuant à la recherche, au développement, aux essais et à la construction d’une ligne TransPod interurbaine complète entre Edmonton et Calgary. Nous avons hâte de voir ce travail placer l'Alberta à l'avant-garde du mouvement des biens et des personnes.», a déclaré le ministre des Transports de l’Alberta, Ric McIver, dans un communiqué de presse.

Le premier ministre conservateur de la province, Jason Kenney, a cependant modéré l’enthousiasme. «Il s’agit d’une technologie qui n’a pas encore fait ses preuves en termes d’application commerciale à grande échelle», a-t-il déclaré. Ajoutant : «mais nous sommes heureux que les promoteurs soient venus nous voir et nous avons demandé de faire la recherche ici en Alberta, et nous sommes ravis de coopérer avec eux sur cette recherche hyperloop».

Côté Calendrier, TransPod souhaite débuter son étude de faisabilité cette année, et commencer la construction de la piste et les essais d'ici à 2022. A plus long terme, la construction d'une ligne interurbaine entre Edmonton et Calgary débuterait au mieux en 2025, pour une mise en service d'ici 2030.

En France, l’hyperloop en concurrence

L’hyperloop de TransPod ne se limite pas au Canada et ambitionne déjà de traverser l’Atlantique. L'entreprise rappelle qu'elle est actuellement en phase de conception et de développement pour une installation d'essais en France. Le véhicule sera présenté dans un démonstrateur au Canada et dans l’Hexagone. A noter que Transpod a déjà son propre centre d’essais dans la Haute-Vienne. En France, le Canadien devra déjà faire face à un projet concurrent basé à Toulouse, celui de l’américain HTT qui réalise déjà des essais dans son tube de Toulouse-Francazal.