Hausse du CO2: le climat plus sensible que prévu

Le 24 juillet 2020 par Romain Loury
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Evolution de la concentration de CO2 dans le monde (1960-2020)
Evolution de la concentration de CO2 dans le monde (1960-2020)
NOAA

Dans une étude publiée dans les Reviews of Geophysics, des chercheurs affinent les estimations de la sensibilité climatique au CO2, qui s’avère plus élevée que convenu à ce jour. Cette avancée significative confirme qu’il sera bien compliqué de demeurer en-dessous du seuil de +2 °C.

Au rythme actuel, la teneur atmosphérique en CO2, de 414 ppm lors de la semaine du 12 juillet selon la NOAA[i], pourrait avoir doublé d’ici 60 à 80 ans par rapport à l’ère préindustrielle, où elle était à 280 ppm. Ce qui, selon une estimation de 1979 toujours en vigueur, pourrait aboutir à un réchauffement compris entre 1,5 °C et 4,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle –nous en sommes actuellement à +1,2 °C.

Dans une volumineuse étude de 166 pages publiée mercredi 22 juillet, Steven Sherwood, climatologue à l’université e Nouvelle-Galles du Sud (Sydney), et ses collègues ont resserré la fourchette: un doublement du taux de CO2 aboutirait plus probablement à un réchauffement compris entre +2,3 °C et +4,5 °C.

Mauvais coup pour l'Accord de Paris

Les chances de demeurer en-dessous de + 2°C seraient inférieures à 5%, celles de dépasser +4,5 °C seraient comprises entre 6% et 18%. Ce déplacement vers les températures plus élevées devrait donc compliquer l’atteinte de l’objectif de +2 °C, et encore plus celui de + 1,5 °C, fixés par l’Accord de Paris.

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont analysé des données issues de divers horizons, telles que les relevés de température depuis la révolution industrielle, les données paléoclimatiques, des observations satellitaires et l’analyse de modèles climatiques.



[i] Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique