Grave pollution au chlorure de fer dans le Golfe de Fos

Le 24 juillet 2020 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Classé Seveso seuil haut, le site de Kem One a fait l'objet de 4 mises en demeure depuis 2016
Classé Seveso seuil haut, le site de Kem One a fait l'objet de 4 mises en demeure depuis 2016

Au sein du complexe pétrochimique de Martigues (Bouches-du-Rhône), une fuite de chlorure de fer a généré une nappe acide de six hectares en Méditerranée.

La fuite a été détectée à 1h50, dans la nuit du 22 au 23 juillet. «Elle s’est produite au niveau d’un bac de stockage de solution de chlorure ferrique au sein de l’atelier de production situé à Lavéra», a précisé le groupe Kem One, deuxième fabricant européen de PVC.

Sur ce site classé Seveso «seuil haut», un épandage accidentel de cette fuite s’est ensuite produit dans le réseau d’égout fluvial, entraînant son rejet dans l’anse d’Auguette, en Méditerranée. Hautement corrosif, le chlorure de fer s’est transformé en solution acide marron au contact de la mer, formant une nappe d’environ 6 hectares.

Les marins-pompiers de Marseille et le navire Pionnier de la Marine nationale, spécialisé dans la lutte antipollution, ont été dépêchés sur place, selon un communiqué de la préfecture maritime. «Les dégâts qui seront constatés seront réparés par les responsables», a affirmé la ministre de la transition écologique Barbara Pompili sur Twitter.

Interdiction temporaire

La préfecture des Bouches-du-Rhône et la mairie de Martigues ont aussitôt interdit la navigation de plaisance, la pêche maritime, la plongée sous-marine et la baignade, dans le Sud du Golfe de Fos, entre la plage de Ponteau et le Cap Couronne. Une mesure qui devrait s’arrêter à minuit.

En début d’après-midi, la majorité de la nappe s’était solubilisée dans l’eau et avait quasiment disparu de la surface (5 hectares sur 6). Selon l’industriel, l’indice de matières dangereuses relâchées dans l’environnement –selon les critères définis par le ministère de la transition écologique- est situé au niveau 3 sur une échelle en comportant 6.

Mises en demeure

«Ce dérivé du chlore est utilisé comme désinfectant dans les stations d’épuration des eaux usées. Il n’est pas possible de le récupérer comme cela se fait pour les hydrocarbures», a précisé l’association Robin des Bois. Selon elle, l’industriel a déjà fait l’objet de 4 arrêtés de mise en demeure depuis 2016 sur le site de Lavéra, à Martigues. Le dernier, en date du 6 décembre 2019, lui demande de renforcer la sécurité de son dispositif de stockage du chlore au plus tard le 31 mars 2020.

Robin des Bois, qui estime que l’interdiction de baignade et de plongée doit être prolongée au-delà de minuit, va porter plainte.