Gouvernement et industrie tirent leurs enseignements de l’accident de Lubrizol

Le 24 septembre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Barbara Pompili confirme les engagements pris par Elisabeth Borne.
Barbara Pompili confirme les engagements pris par Elisabeth Borne.
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Les ministres de la transition écologique et de l'Intérieur ont dévoilé, ce 24 septembre, un train de mesures visant à renforcer la sécurité des sites industriels. De leur côté, les industriels promettent d'investir 3 milliards pour sécuriser leurs installations.

 

Barbara Pompili et Gérald Darmanin ont fait le déplacement à Rouen pour le premier anniversaire du terrible incendie de l’usine de Lubrizol. Une fois n’est pas coutume, les ministres de la transition écologique et de l’intérieur n’étaient pas venus les mains vides.

La locataire de l’Hôtel de Roquelaure a confirmé les réformes engagées par sa prédécesseur, Elisabeth Borne. Dans les prochains jours, la réglementation applicable aux stockages de liquides inflammables et combustibles et aux entrepôts, ainsi qu’au contrôle des installations riveraines des sites Seveso va être renforcée.

des embauches moins rapides

Barbara Pompili a également confirmé l'engagement du gouvernement d'augmenter «d'ici à la fin du quinquennat» de 50% le nombre d'inspections des sites industriels classés. La ministre a toutefois précisé que la création de 50 postes d'inspecteurs des installations classées, annoncée en juin, aurait lieu d'ici à la fin du quinquennat et non en 2021. Nommé en juin dernier, Jérôme Goellner (ancien directeur régional de l’environnement et de l’énergie d’Île-de-France) poursuit ses travaux visant à la création d’un Bureau Enquête Accident Industrie.

Le gouvernement va également, d’ici à 2022, systématiser la publication des résultats des contrôles de l'inspection des installations classées, à l’instar de ce que fait déjà depuis des années l’Autorité de sûreté nucléaire (ANS). En outre, «les rapports d'expertise des assureurs» seront «mis à disposition de l'inspection des installations classées», a précisé Barbara Pompili.

Insuffisant. Reconnaissant que certaines dispositions gouvernemantales constituent des progrès notables, l’association Amaris, de collectivités concernées par les risques technologiques majeurs, déplore l’absence de propositions portant sur la préparation et l’information des riverains en amont des accidents.

Plus visibles pour le grand public, la mise en service, d’ici à 2022, d’un outil d’alerte et d’information des populations par téléphone mobile. Ce système «est évidemment une révolution dans l'alerte à la population», a déclaré le ministre de l'Intérieur. Gérald Darmanin a précisé que «50 millions d'euros ont été budgétisés» pour ce service.

S’inspirant du Cell-Broadcast néerlandais, ce système d'alerte à la population s'appuiera sur la diffusion cellulaire et l'envoi de SMS géolocalisés. Il «permettra l'envoi massif et rapide de messages prioritaires par rapport aux communications traditionnelles», selon le dossier de presse du gouvernement. «Même quand le téléphone sera sur silencieux, cela sonnera», a indiqué M. Darmanin. Ce système sera déployé «au deuxième semestre 2021 dans les zones prioritaires à forte population ou représentant un risque particulier», puis généralisé à tout l'Hexagone d'ici à juin 2022.

3 milliards d'investissements

Les industriels ne sont pas restés inactifs. Dans un communiqué, publié ce 24 septembre, France Chimie annonce l’investissement de 450 millions d’euros par les entreprises du secteur pour améliorer la détection des incendies dans leurs installations, réduire les risques de propagation des feux et d’effet domino.

L’ancienne UIC indique également que des industriels d’autres secteurs stockant des produits inflammables feront de même. Au total, l’industrie devrait consacrer 3 milliards d’euros au renforcement de la sécurité contre les incendies dans 2.300 entrepôts et 2.500 sites autorisés et Seveso. «Pour la première fois, l’ensemble de ces travaux concerneront les bâtis existants et pas seulement les nouvelles installations», indique la fédération professionnelle.