Gare du Nord : Un « Notre-Dame-des Landes en plein Paris »

Le 08 juillet 2020 par Victor Miget
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Le projet de rénovation de la Gare du Nord ajoutera 88.000 m2 à l'existant.
Le projet de rénovation de la Gare du Nord ajoutera 88.000 m2 à l'existant.

Le projet controversé de transformation de la gare du Nord a été autorisé mardi 7 juillet, a annoncé la préfecture. Les opposants font front commun.

 

Le préfet de la région Île-de-France, Michel Cadot, a approuvé le projet Gare du Nord 2024. Un programme de rénovation et de transformation pharaonique pour la plus grande gare d’Europe.

Selon la préfecture, le chantier est nécessaire, alors qu’approche la Coupe du monde de rugby de 2023 et les Jeux olympiques et paralympiques 2024. Il ajoutera pas moins de 88.000 m2 à la gare dont la superficie totale atteindra 124.000 m2. 46.000 m2 seront consacrés à une salle de spectacle, des équipements culturels, une salle de sport, des commerces et des bureaux. Objectif premier : améliorer la gestion des flux de voyageurs, en réorganisant la gare avec des cheminements plus directs, une centaine d’ascenseurs et d’escalators supplémentaires entre autres.

Une rénovation démesurée

Mais tous ne se réjouissent pas de ce ravalement de façade. Initialement favorable au projet, la mairie de Paris s’y est ensuite opposée, reprochant au programme d’être trop commercial. «Le gouvernement vient de s’inventer un Notre-Dame-des-Landes en plein Paris. Je lui souhaite beaucoup de courage sur le plan politique et juridique», a twitté ce mardi Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris. Dans la foulée, la municipalité a dit regretter dans un communiqué un projet «contraire aux exigences écologiques et urbaines portées par l’exécutif parisien nouvellement élu».

En l’état, il est reproché au programme à 600 millions d’euros d’être surdimensionné. Lors d’une conférence de presse ce mercredi, la mairie de Paris et les associations d’opposants ont réaffirmé leur souhait de voir aboutir «un projet mieux inséré dans son environnement». Arguant au passage que l'échéance des Jeux olympiques 2024 n’était «pas crédible et pas sérieux», selon les termes d’Emmanuel Grégoire, rapportés par l’AFP. La mairie de Paris demande une «dédensification» et suggère de diviser par quatre la surface commerciale prévue (de 20.000 à 5.000 m2) ; une «ouverture sur l'ensemble du quartier», en abandonnant «la séparation des flux d'entrée et de sortie» ainsi que «l'amélioration de l'intermodalité avec les transports en commun, les vélos et les taxis».

Action en justice et occupation

De son côté, la préfecture n’a pas manqué de rappeler les arguments écolo-compatibles du projet. 70 % des approvisionnements par des énergies renouvelables ; 25 % des besoins en eaux couverts par les eaux de pluie ; création d'un toit terrasse végétalisé d'un hectare ; 3.000 places de vélos…

Insuffisant, estime Emmanuel Grégoire qui envisage des «recours judiciaires». La mairie pourra d’ailleurs compter sur le soutien des associations. Quant à une éventuelle occupation de la gare, le Comité des habitants Gare du Nord - La Chapelle ne dit pas non. Vous avez dit Notre-Dame-des-Landes ?