Finance: la place de Paris veut financer une relance (un peu) verte

Le 19 octobre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Verdir un peu la relance économique.
Verdir un peu la relance économique.
VLDT

Les investisseurs qui soutiendront les PME et les ETI en difficulté pourront bénéficier du label Relance. A quelques conditions.

Les écologistes réclament aux entreprises bénéficiant de soutien public des contreparties environnementales. Nous y sommes …  presque. Ce lundi 19 octobre, les ministres en charge de l’économie et des PME ont présenté plusieurs dispositifs de financement des entreprises fragilisées par les conséquences de la pandémie.

L’un d’entre eux, le Label Relance, vise à orienter l’épargne des ménages vers les fonds propres des entreprises, PME et ETI en tête. Les termes de l’équation sont connus. «En l’état des prévisions économiques et en se limitant aux PME et ETI, la DG Trésor estime ainsi des besoins de recapitalisation de l’ordre de 10 à 20 milliards d’euros 10 à 20.000 PME et ETI[1], hors prise en compte des dispositions du plan de relance», indique-t-on à Bercy. Bonne nouvelle: les épargnants disposent d’un bas de laine évalué à près de 4.000 milliards d’euros. Comment drainer une petite partie du pactole vers l’économie réelle?

pas de charbon dans la relance

Les services de Bruno Le Maire et d’Alain Griset parient sur l’exemple. Ils proposent de décerner le nouveau label «relance» aux fonds d’investissement qui s’engageront à mobiliser rapidement des ressources nouvelles pour soutenir les fonds propres et quasi-fonds propres des entreprises dans le besoin. Une façon de leur apporter un peu de notoriété citoyenne et de poursuivre le soutien aux sociétés en difficulté sans encourir les foudres de Bruxelles (aides d’Etat).

Pour obtenir le précieux label, les investisseurs devront respecter un cahier des charges environnemental, social et de bonne gouvernance. Au nombre des obligations à respecter : l’interdiction d’investir dans le charbon. Ce qui semble peu probable au regard du contexte énergétique tricolore.

Le label pourra être apposé sur des fonds présentant des profils de risques variés, qu’il s’agisse de fonds de capital-investissement ou investis dans des valeurs cotées françaises et européennes. Si certains seront réservés à une clientèle avisée, la plupart de ces fonds pourront être souscrits dans le cadre de supports d’épargne grand public.

Bref, le verdissement de la place boursière de Paris, tel qu’envisagé par le député Holroyd, n’est pas pour demain. Interrogé par Le JDLE, le député des Français d'Europe du nord estime que le Label Relance devrait «inclure un impératif de transition défini et lisible.» Ce ne serait pas du luxe.



[1] Entreprise de taille intermédiaire.