Faune: Trump déclasse moins qu’Obama

Le 30 octobre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les chasseurs pro-Trump sont satisfaits.
Les chasseurs pro-Trump sont satisfaits.
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L’US Fish and Wildlife Service vient de retirer le loup gris de la liste des espèces protégées.

Ce sera, peut-être, l’une des dernières actions de l’administration Trump? Le 29 octobre, le département de l’Intérieur a rayé le loup gris de la liste des animaux protégés. «Après plus de 45 ans sous un statut d'espèce protégée, le loup gris a excédé tous les objectifs de préservation en vue de son rétablissement», s’est félicité le secrétaire à l'Intérieur, David Bernhardt.

Protégé depuis 1974, Canis lupus a incontestablement prospéré. Sa population est passée de 1.000 individus recensés à la fin des années 1960 à plus de 6.000, estime le département de l’Intérieur.

Certains Etats, comme l’Idaho et le Montana, avaient déjà été reçu de l’administration Obama l’autorisation de réguler les meutes jugées trop importantes. Cette disposition s’applique désormais dans 48 Etats. Même si l’essentiel des populations reste cantonné dans les montagnes rocheuses, faute d’avoir pu reconquérir son territoire originel. Son cousin, le loup mexicain (Canis lupus baileyi) reste, lui, à l’abri des chasseurs.

succès ou clientélisme?

«Retirer le loup de la liste des espèces protégées va permettre au département de la pêche de la vie sauvage de réguler les populations de l’Oregon par la chasse et le piégeage, alors que les meutes présentes dans cet Etat restent fragiles», estime Danielle Moser, de l’ONG Oregon Wildlife. L’association de juristes spécialisés Earthjustice a annoncé vouloir contester en justice la décision gouvernementale.

Emblématique, le loup gris n’est pas la seule espèce a avoir perdu sa protection ces dernières années. Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, l’US Fish and Wildlife Service a déjà déclassé treize espèces. Soit deux de moins, toutefois, que l’administration Obama.

En cette période électorale, on peut s’interroger sur la motivation réelle de l’administration républicaine: célébrer la réussite d’un programme de protection d’un fauve ou flatter le lobby des chasseurs?