Erosion côtière: feu vert à l’indemnisation des habitants du Signal

Le 20 juillet 2020 par Stéphanie Senet
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Les habitants du Signal ont dû évacuer l'immeuble en janvier 2014
Les habitants du Signal ont dû évacuer l'immeuble en janvier 2014

Les sénateurs ont voté, le 19 juillet, les modalités de l’indemnisation des propriétaires de l’immeuble Le Signal, à Soulac-sur-mer (Gironde), qui avaient été évacués en 2014 par arrêté préfectoral.

L’histoire du Signal s’approche de son épilogue. Après six ans de contentieux et moult rebondissements, les anciens propriétaires de l’immeuble Le Signal seront indemnisés à hauteur de 70% de la valeur de leur bien avant l’évacuation. Une issue offerte par un amendement défendu par le gouvernement dans le cadre du 3e projet de loi de finances rectificative.

Les propriétaires des 78 appartements avaient dû vider les lieux en janvier 2014 sous la menace d’un effondrement dû à un recul marqué du trait de côte après les fortes tempêtes de l’hiver 2013/2014. L’immeuble avait été construit en 1967 à 200 mètres du rivage. Il n’en est plus séparé que par une dizaine de mètres.

A deux conditions

L’indemnisation, qui doit être demandée avant le 31 décembre 2021, est soumise à deux conditions. La propriété du bien doit tout d’abord être transférée à une personne publique identifiée en accord avec le représentant de l’Etat dans le département (la Gironde). Les propriétaires doivent ensuite renoncer à toute demande indemnitaire faisant l’objet d’un contentieux en cours ou futur.

Tourner la page

«C’est l’occasion de clore une histoire de six ans pendant lors de laquelle des gens ont perdu leur lieu d’habitation du jour au lendemain. Ce sont des familles modestes qui ont parfois dû être relogées à la va-vite dans des caravanes, leur appartement étant devenu inhabitable. Cet amendement va aussi permettre à la ville de Soulac de tourner la page et de concevoir un projet d’aménagement et d’embellissement de ce lieu qui est aujourd’hui occupé par une ruine», se félicite  la sénatrice LREM de Gironde Françoise Cartron.

Une bonne nouvelle pour les propriétaires qui ont été maintes fois déboutés par la justice. Après avoir ouvert les portes d’une indemnisation générale, par rattachement du risque d’érosion dunaire au Fonds Barnier, le Conseil d’Etat avait finalement fait marche arrière en septembre 2017. Le risque d’érosion en est toujours exclu.

Démolition en vue

Désamianté pendant l’hiver 2018/2019 aux frais de l’Etat, le Signal va-t-il finir par s’effondrer ? «Nous attendons le transfert de la propriété à la collectivité, vraisemblablement la communauté de communes Médoc Atlantique ainsi que l’indemnisation des propriétaires. Dans un deuxième temps, nous pourrons organiser sa démolition en trouvant un co-financement. Nous sommes prêts à y participer», a déclaré au JDLE Benjamin Bardeau, directeur de cabinet de Xavier Pintat, maire de Soulac-sur-mer et président de Médoc Atlantique.  

La côte aquitaine est particulièrement exposée au risque d’érosion. Un risque accru par le changement climatique, avec des différences selon les zones. Le trait de côte a avancé de 4,6 m par an depuis 1950 à la pointe de la Négade (Soulac-sur-mer) et de 8 m/an depuis 1970 au sud de l’île d’Oléron selon le rapport AcclimaTerra diffusé en juin 2018.

Et ailleurs ?

Le problème de l’érosion côtière reste entier. «Cette affaire doit alerter la représentation nationale sur la problématique de l’érosion de nos littoraux», estime la sénatrice socialiste de Seine-Maritime Nelly Tocqueville. «La situation du Signal risque de se reproduire de façon bien plus systématique qu’on ne le croit dans les années à venir», alerte-t-elle.