ENR: la CRE veut baisser certains tarifs d’achat

Le 23 juillet 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les vieilles fermes solaires sont particulièrement rentables.
Les vieilles fermes solaires sont particulièrement rentables.
VLDT

Le régulateur pointe particulièrement certaines installations photovoltaïques et le développement à marche forcée de la production de biométhane.

Depuis plusieurs semaines, ses experts le laissaient entendre. Cela se confirme. Les charges de service public de l’énergie (CSPE) augmenteront fortement entre 2019 et 2021, indique la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

Dans une délibération, publiée en début de semaine, le régulateur des marchés français de l’énergie et des quotas de GES estime à 9,1 milliards le montant prévisionnel de ces charges pour 2021: 12% de plus que le montant des charges constaté au titre de l’année 2019 (8.151 Md€). A quoi, il faut ajouter les reliquats dus à EDF et certains frais financiers. Au total, le montant de l’addition devrait dépasser les 10,5 milliards.

le bond de l'éolien et du photovoltaïque
Plusieurs raisons expliquent cette inflation. D’une part, l’accroissement des puissances renouvelables installées. Entre 2019 et 2021, les parcs éolien et photovoltaïque devraient accroître de 9,2 TWh leur production annuelle, estime le gendarme des marchés énergétiques: un bond de 17%. «Cette hausse est concomitante du prix du marché moyen.» Finalement, la hausse de CSPE imputable au développement des ENR, en métropole, est estimée à 517 M€. A quoi, il faut ajouter 73 M€ qui serviront à racheter l’énergie produite par les installations renouvelables récemment mises en service dans les zones non interconnectées (ZNI). Autre cause importante: le développement très rapide de la production de biométhane. Les charges liées au biogaz devraient quintupler entre 2019 et 2021 et atteindre 520 M€ en 2021.

cher solaire

En 2021, le montant total des charges imputables aux seules énergies renouvelables métropolitaines représenteront 73% de la CSPE. Les soutiens au ZNI (dont la péréquation) représenteront 20% du total. Le solde étant réparti entre le financement des dispositifs sociaux (chèque énergie), le soutien à la cogénération et quelques frais divers.

Pour ralentir le rythme de l’inflation, la CRE propose de rogner sur certains tarifs d’achat d’électricité verte. A commencer par ceux de l’électricité produite par des centrales photovoltaïque mise en service avant 2010. EDF doit racheter leur courant à 510 €/MWh. Des achats qui «représentent 73% des charges et 38% de l’énergie photovoltaïque soutenue au titre de 2019», comptabilise la CRE.

Même remarque formulée à l’encontre des producteurs de biométhane. Les volumes injectés en 2021 atteignent déjà les objectifs fixés en 2023 par la PPE. Pour le gendarme des marchés de l’énergie et du carbone: «le niveau trop élevé du soutien à ces projets, non modifié depuis 2011, rend incompatible les objectifs de production de biométhane et l’enveloppe budgétaire inscrite dans la programmation pluriannuelle de l’énergie.»