Energie: une baisse sans précédent de la demande mondiale

Le 30 avril 2020
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Les ENR s'en sortent bien.
Les ENR s'en sortent bien.
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Le confinement de plus de 4 milliards de terriens fait baisser les consommations d'énergie et donc les émissions de CO2.

Conséquence directe du ralentissement de l’activité économique mondiale : la demande d’énergie chute. Dans sa dernière projection, publiée ce jeudi 30 avril, l’agence internationale de l’énergie (AIE) s’alarme des conséquences d’un tel chamboulement du paysage énergétique planétaire.

La consommation d’énergie devrait chuter de 6% entre 2019 et 2020. Un peu comme si l’Inde, troisième plus gros consommateur mondial d’énergie, arrêtait, une année durant, de consommer du pétrole, du gaz, du charbon et de l’électricité. «C’est un impact sept fois plus important que celui de la crise financière de 2008», souligne l’agence de l’OCDE. Leurs économies étant les plus touchées par la pandémie, ce sont les pays les plus industrialisés qui verront leur consommation de kWh le plus chuter.

Evolution de la demande d'électricité

La demande américaine devrait baisser de 9%, cette année, contre 11% pour les pays de l’Union européenne. Mais il ne s’agit là que de chiffres provisoires: «l’impact de la crise sur la demande d’énergie dépendra de la durée de la période durant laquelle des mesures seront mises en œuvre pour réduire la diffusion du virus», rappelle l’agence basée à Paris. 

Tous les producteurs d’énergie ne seront pas logés à la même enseigne. Globalement, les électriciens devraient vendre 5% d’électricité de moins qu’en 2019, avec, bien sûr, de fortes disparités régionales ou nationales. Les consommations de pétrole et de gaz devraient, respectivement, baisser de 9% et de 8%.

Singularité: dopées par la baisse de leur prix de revient, les sources d’énergies renouvelables devraient voir leur production augmenter très légèrement. En cause : la mise en service de nouveaux parcs éoliens. Mais aussi l’assainissement de la qualité de l’air qui a accru le productible des fermes photovoltaïques.

Les émissions mondiales de CO2

En toute logique, les émissions de CO2 devraient fortement reculer. Selon les projections de l’AIE, nos rejets carbonés devraient être inférieurs de 2,6 milliards de tonnes, en 2020, par rapport à 2019. Soit une baisse de 8% en un an: du jamais vu. «Cette baisse des émissions n’est pas réjouissante, prévient Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE. Car si la situation évolue comme après la crise financière de 2008, il est probable que nous assisterons à un rebond des émissions à mesure que l’économie repartira.» A moins, bien sûr, que certains pays ne mettent en application leurs promesses climatiques.