En France, le remorquage en mer prend l’eau

Le 29 juillet 2020 par Stéphanie Senet
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L'Abeille Flandre a été mise en service en 1978
L'Abeille Flandre a été mise en service en 1978

L’appel à candidatures pour remplacer deux remorqueurs d’intervention, d’assistance et de sauvetage (RIAS) affiche des moyens largement insuffisants, dénonce l’association Mor Glaz.

Après plus de 42 ans de service, les remorqueurs Abeille Flandre et Languedoc, en charge de l’assistance et du sauvetage en Méditerranée et en mer du Nord, doivent être remplacés au plus vite. «Le renouvellement de la flotte aurait dû intervenir il y a 5 ans déjà», déplore Mor Glaz dans un communiqué publié le 25 juillet. Un troisième appel à candidatures pour des bateaux neufs a été lancé fin mai par le ministère des armées, après l’annulation de la procédure d’attribution, fin 2019, par le tribunal administratif de Rennes à cause d’une irrégularité sur les critères de notation.

Moyens insuffisants

Surtout, l’enveloppe de 120 millions d’euros dégagée par le gouvernement s’avère insuffisante pour assurer leur renouvellement dans de bonnes conditions. «L’appel à candidatures prévoit des contrats de 10 ans non renouvelables alors qu’un remorqueur neuf nécessite un investissement de 70 à 80 millions d’euros selon sa fiabilité», note Jean-Paul Hellequin, président de Mor Glaz. «Je ne connais aucun armateur qui accepterait de se lancer dans cette aventure», poursuit le spécialiste du transport maritime, qui dénonce «un certain bricolage qui ne donnera pas les moyens nautiques nécessaires aux préfets maritimes» et demande à être reçu par la nouvelle ministre de la mer Annick Girardin.

Alors que les remorqueurs à remplacer sont d’anciens navires de soutien aux compagnies pétrolières norvégiennes, les prochains seront-ils des navires de ravitaillement recyclés ? Ils ne seront en tout cas pas opérationnels avant 2022, alors qu’ils étaient attendus à l’été 2020.

Trafic et dangers en hausse

«Les moyens ne sont plus là, ni en nombre, ni en qualité, face au trafic maritime croissant et de plus en plus dangereux : gigantisme des navires marchands et paquebots, contrôles de navires insuffisants, etc», alerte une nouvelle fois Mor Glaz.