En France, le bio atteint 8,5% de la SAU

Le 10 juillet 2020 par Stéphanie Senet
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Répartition régionale des surfaces certifiées en bio en 2019
Répartition régionale des surfaces certifiées en bio en 2019

2,3 millions d’hectares ont été cultivés en bio en 2019, selon le bilan dressé le 9 juillet par l’Agence Bio. Un résultat en hausse, toutefois insuffisant pour atteindre 15% de Surface Agricole Utile (SAU) en bio en 2022.

Le marché du bio se moque de la crise… En hausse de 13,5% par rapport à l’année précédente, la consommation de produits bio enregistre un chiffre d’affaires de 11,93 milliards d’euros en 2019. «Le marché allemand a toujours été leader en Europe. Et là on est en train de le rattraper puisqu’il atteint 11,97 Md€ en 2019», s’est félicité Philippe Henry, président de l’Agence Bio, lors d’une conférence de presse. Si la grande majorité des achats est effectuée dans les magasins, «la consommation de la restauration hors foyer enregistre une hausse de 16,4% pour atteindre 640 millions d’achats», a affirmé Philippe Henry. Et le coronavirus ne devrait pas le dévier de cette trajectoire. «La consommation a déjà connu un petit coup d’accélérateur au printemps avec 8% de consommateurs en plus», poursuit-il.

Œufs et surgelés

Côté produits, l’Agence Bio note qu’un tiers des œufs coquille vendus en France est désormais un œuf bio (+20%). Le rayon surgelés enregistre la plus forte croissance (+31%), devant les bières (+24%), les produits laitiers hors lait (+18%), l’épicerie et les jus et boissons sans alcool (+16%).

Côté magasins, la grande distribution maintient son hégémonie (55% du marché), devant les magasins spécialisés (28%), la vente directe (11%) et les petits commerçants (6%).

15% d’emplois en plus

Le nombre d’emplois est également au beau fixe, avec une hausse globale de 15% en 2019. Ce qui se traduit par 13% de progression dans les fermes, 16% dans la transformation et 20% dans la distribution.

A mi-chemin de l’objectif français

La consommation tirant la production, la surface cultivée en bio atteint désormais 2,3 millions d’hectares, surfaces en conversion comprises. Ce qui représente 8,5% de la SAU française, cultivés par plus de 47.000 fermes. Si ce résultat a doublé en 5 ans, il reste toutefois insuffisant pour atteindre l’objectif de 15% de SAU en 2022 fixé par le plan gouvernemental Ambition Bio. La Commission européenne vise quant à elle 25% de la SAU de l’UE en bio en 2030.

Le taux d’importations reste par ailleurs stable, à 33,1% en 2019 contre 33,7% en 2018.

Trio habituel

Les trois grandes régions productrices restent l’Occitanie (10.663 fermes), la Nouvelle-Aquitaine (6.996) et Auvergne Rhône-Alpes (6.581). Mais les zones les moins bien loties enregistrent de forts taux de croissance (en nombre d’hectares): +54% en outre-mer, +38% en Ile-de-France et +35% dans le Centre Val-de-Loire.

Des aides en berne

Du côté des aides, le moral est moins bon. «L’année 2019 a été très difficile, avec l’arrêt des aides au maintien dans la quasi-totalité des régions et des paiements pour services environnementaux non dotés d’enveloppe budgétaire suffisante, en particulier dans le Grand Est», note Philippe Henry, producteur bio en polyculture élevage à Vallois (Meurthe-et-Moselle).

Mauvaise nouvelle pour l’agriculture bio, la région Bretagne a demandé, le 9 juillet, à gérer les aides directes relevant du premier pilier de la politique agricole commune, comme c’est le cas en Wallonie et aux Pays-de-Galles. Jusqu’à présent, seules les aides au développement rural (2ème pilier) relèvent de leur compétence en France. La résolution de l’assemblée régionale a été adoptée par 53 votes pour et 30 contre. Une décision qui pourrait favoriser l’agriculture industrielle, très développée en Bretagne.