En Auvergne le fret ferroviaire coule de source

Le 30 juillet 2020 par Victor Miget
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Les frais de maintenance de la ligne entre Volvic et Le Mont-Dore s'élève à 1,2 millions d'euros par an.
Les frais de maintenance de la ligne entre Volvic et Le Mont-Dore s'élève à 1,2 millions d'euros par an.

Menacée de fermeture, car vétuste, la ligne de fret entre Volvic et le Mont-Dore bénéficie d'un sursis. Elle sera exploitée au moins jusqu'à la fin de l'année 2021, moyennant travaux.

 

Alors que le gouvernement veut faire du fret ferroviaire un outil de la relance verte, à l’échelle locale, le pari est parfois difficile à tenir. Dernier exemple en date, en Auvergne, où certains se battent pour sauver la ligne de fret entre Volvic et Le Mont-Dore. Vendredi 24 juillet, à la préfecture du Puy-de-dôme, SNCF Réseau, élus (parlementaires, représentants de la Région et du Département, présidents des intercommunalités, services de l’État) ont accordé un sursis d’un an à cette ligne exploitée par la SNCF. Alors que sa fermeture était programmée pour fin 2020, l’exploitation se poursuivra jusqu’à la fin 2021.  

Déficitaire

La ligne est utilisée par la seule entreprise Sources Alma, qui produit chaque année 160 millions de litres d'eau. La ligne achemine un train par semaine, soit l’équivalent de 10 camions quotidien. SNCF Réseau n’engrange que 23.000 euros de recettes par an, rappelle le quotidien La Montagne. Or, les charges de maintenance s'élèvent à 1,2 million d'euros par an. Pérenniser cette infrastructure implique de réaliser d’importants travaux. «Le devenir de la ligne est effectivement mis en péril en raison de l’importance des travaux nécessaires à son exploitation et des coûts élevés de maintenance mis à la charge de l’entreprise», constate la préfecture.

Travaux conséquents

A l'issue de la réunion, les différents acteurs ont conclu un accord. SNCF Réseau s’engage à maintenir l’exploitation de la ligne jusqu’à la fin de l’année 2021 et à prendre à sa charge les frais de maintenance. 400.000€ de travaux jugés urgents seront payés par l’État, la Région, le Département et les intercommunalités.

L’État mobilisera à lui seul 160.000€. La Région Auvergne-Rhône-Alpes et le Département du Puy-de-Dôme s’engagent à hauteur de 120.000€ et 80 000€. Les intercommunalités verseront les 40.000 € restants. «Ces engagements permettront à SNCF Réseau d’engager les travaux urgents à l’automne», assure la préfecture. A ces 400.000 euros s’ajouteront 900.000 euros de travaux en 2021 pour les voies et la signalisation.

Et après ?

En attendant les résultats d’une étude sur les coûts nécessaire pour pérenniser la ligne sur 10 ans, «une réflexion va être engagée en lien avec les différentes parties prenantes de ce tour de table financier – État, Région, Conseil départemental et EPCI – pour envisager l’avenir de la ligne», peut-on lire dans le communiqué de la préfecture. Déjà, des options sont avancées : augmenter le volume de fret sur la ligne et y exploiter un train touristique.