Les vélos s'offrent 8 places dans les trains neufs

Le 21 janvier 2021 par Victor Miget
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Les trains neufs devront être équipé d'un minimum de 8 emplacements vélos.
Les trains neufs devront être équipé d'un minimum de 8 emplacements vélos.
SNCF

Un décret publié au Journal officiel fixe un seuil minimum, de 8 emplacements vélos à prévoir dans les trains neufs et rénovés. Un seuil plus ambitieux qu’attendu.

 

Dans les trains, la petite reine aura ses entrées. Dans l’optique de renforcer l’intermodalité, la loi d’Orientation des mobilités (LOM), promulguée en décembre 2019, rend obligatoire l’installation d’emplacements vélo à bord des trains neufs et rénovés affectés au transport de voyageurs.

«Le décret d’application de cette disposition est issu d’une vaste consultation de l’ensemble des parties prenantes, compte tenu des fortes attentes exprimées par les usagers cyclistes et de l’attention portée à ce sujet par les entreprises ferroviaires et les autorités organisatrices de transport», rappelle un communiqué du ministère de la Transition écologique.

Aménagement

Le décret fixe un seuil minimum de 8 emplacements vélos à prévoir à bord des trains. Cette obligation ne concerne que les matériels roulants dont l’achat ou la rénovation est engagée à compter de mars 2021. Le matériel déjà en circulation et ceux dont les programmes d’achats ou de rénovation sont déjà lancés peuvent donc rouler tranquille.

«Il s’applique en particulier aux trains d’équilibre du territoire conventionnés par l’Etat, aux services librement organisés comme les TGV et aux services d’intérêt régional (TER)», précise le ministère. Cependant déjà, un petit aménagement est prévu. Pour les TER, le seuil minimum peut être réduit à 4 en fonction de la capacité d’emport des rames. Une exception pertinente? «Nous verrons à l’usage, mais c’est relativement peu précis. Je comprends la démarche, mais j’ai déjà exprimé mes craintes sur d’éventuels abus. Nous serons attentif sur ce point», assure Olivier Schneider, président de la Fédération des Usagers de la Bicyclette.

Autre imprécision, le décret ne fixe pas de date limite à laquelle tout le parc devra être équipé.«C’est une limite. Il faut voir à quel rythme s’effectuera la rénovation des trains. Si nous estimons qu’il est trop lent, nous militerons pour qu’une date buttoir soit envisagée, ou d’autres contraintes comme des échéances régulières», prévient Pierre Serne, président du Club des villes et territoires cyclables.

Ambitions à la hausse

Dans l’ensemble, les associations sont agréablement surprises. Dans la mesure où le nombre d’emplacements est finalement bien plus ambitieux que prévu. «La SNCF proposait 2 emplacements,  je pensais que nous aboutirions à 4 ou 6 emplacements. Finalement ça sera 8, ce qui est plus que le consensus européen qui fixe ce minimum à 6».

Mission accomplie? Pas si vite. «Maintenant la balle est dans le camp des opérateurs, ce minimum ne doit pas devenir un maximum. On aimerait que la SNCF et les régions comprennent l’intérêt qu’ils ont à promouvoir la mobilité vélo+train», regrette Olivier Schneider. Pierre Serne est plus optimiste: «on peut toujours vouloir mieux, mais à partir du moment où le vélo va rentrer dans les mœurs, ces chiffres sont amenés à évoluer dans le bon sens. C’est un bon point de départ. Nous serons vigilants sur sa mise en application».

A ce titre, la SNCF s’est engagée à intégrer, dans son programme «TGV du futur» lancé en 2016, un minimum de 4 emplacements vélos. Un premier signe encourageant.