Emmanuel Macron passe son 3e oral devant la Commission citoyenne

Le 15 décembre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Emmanuel Macron a échangé près de 4h durant avant les Conventionnels.
Emmanuel Macron a échangé près de 4h durant avant les Conventionnels.
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Pendant plus de 3 h 30, le président de la République a répondu aux questions et aux critiques des membres de la Commission citoyenne pour le climat. L’occasion, aussi, d’annoncer quelques mesures symboliques.

Chacun pourra se montrer satisfait du face-à-face entre les membres de la Convention citoyenne pour le climat et le président de la république. Ces derniers auront poussé le chef de l'exécutif dans ses retranchements. Le premier n'aura finalement pas cédé grand-chose à ses contradicteurs.

Le 14 décembre, Emmanuel Macron s’est invité, pour la troisième fois, devant les Conventionnels du climat. Objectif de cette explication courtoise et franche: faire taire les critiques, alors que le gouvernement met la dernière main au projet de loi qui doit concrétiser plusieurs dizaines de recommandations formulées au printemps par les Conventionnels.

Pas d’Hercule dans la loi climat Interpellé par une Conventionnelle sur le démantèlement annoncé du groupe EDF, Emmanuel Macron a répliqué. Sans démentir le souhait du gouvernement de scinder les activités de l’énergéticien en plusieurs entités, le chef de l’Etat a, en revanche, affirmé que ce projet, connu sous son nom de code de Plan Hercule, ne serait pas intégré au projet sur la Convention citoyenne pour le climat.

Se sachant en terrain non conquis, Emmanuel Macron n’est pas venu les mains vides. Plusieurs ministres avaient fait le déplacement au Conseil économique social et environnemental pour préciser certains choix du gouvernement. Le chef de l’Etat a aussi lâché du lest. D’abord, en ouvrant la voie à la tenue d'un référendum sur l'introduction de la défense de l'environnement dans la Constitution.

réforme constitutionnelle

Cette consultation, a-t-il précisé, porterait sur «une réforme constitutionnelle en un article» pour «introduire les notions de biodiversité, d'environnement, de lutte contre le réchauffement climatique» dans l'article 1. Elle «doit d'abord passer par l'Assemblée nationale puis le Sénat et être votée en des termes identiques. Ce jour-là, elle sera soumise à référendum», a-t-il expliqué. Symbolique, cette réforme a toutefois peu de chance d’aboutir. La majorité sénatoriale s’étant déjà exprimé par la négative sur ce projet.

Défenseur de l'Environnement

Réelle avance, en revanche, est la proposition du président de la République de créer un Défenseur de l’environnement, «sur le modèle du Défenseur des droits». Portée depuis deux ans par la députée LREM Cécile Muschotti, cette idée pourrait être prochainement concrétisée. Emmanuel Macron a précisé qu’une mission parlementaire venait d’être confiée à l’élue toulonnaise en ce sens. Dans l’esprit de sa créatrice, le Défenseur de l’environnement serait une autorité administrative indépendante, «chargée de veiller à la protection de l'environnement sur le territoire national».

Séduisant dans son principe, ce projet avait toutefois été écarté par l’exécutif. Pour constituer le Défenseur de l’environnement, Cécile Muschotti imaginait mutualiser le travail de plusieurs Autorités en place: Médiateur de l’énergie, Autorité de sûreté nucléaire, Conseil national de protection de la nature. Rude travail législatif en perspective.

Oui au guichet unique

Pour le logement, le président de la République reprend aussi à son compte une idée «conventionnelle». Il s’est dit favorable au système de «guichet unique» (aide, subvention, travaux) proposée par la Convention. Pas d’accord en revanche entre le locataire de l'Elysée et les membres de la Convention sur l’idée d’obliger les propriétaires à réaliser des travaux d’amélioration de l’efficacité énergétique des logements.

carbone score

Egalerment opposé à l’interdiction de la publicité pour les produits polluants ou nuisibles au climat, le président de la République s'est en revanche prononcé pour «mettre dans la loi l'obligation d'avoir un score-carbone" évaluant les produits et "mettre nos concitoyens en situation de choisir les produits et de pouvoir les comparer» grâce par exemple à une application grand public, comme il en existe pour l'alimentaire. Le Yuka du carbone a de beaux jours devant lui. D'ailleurs, un Conventionnel achève un premier prototype.

Dernière mesure et non la moindre: le président de la République a annoncé la création d'un chèque alimentaire. Il devrait permettre aux ménages les plus modestes d'acheter des denrées issues de l'agriculture biologique ou produite localement.