Eiffage recycle un quartier pour en créer un autre

Le 21 octobre 2020 par Victor Miget
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La déconstruction de l’Ecole centrale a généré 120.000 tonnes de gravats et 65.000 tonnes granulats.
La déconstruction de l’Ecole centrale a généré 120.000 tonnes de gravats et 65.000 tonnes granulats.

A Chatenay-Malabry (92), Eiffage Aménagement construit un éco-quartier. Particularité du chantier ? La quasi totalité des bétons et matériaux du site précédent seront réemployés.

 

Aux abords du parc de Sceaux, côté Chatenay-Malabry, grues et ouvriers s’affairent sur ce qui ressemble encore à un terrain vague, dominé çà et là par des monticules de granulats. C’est ici, à 20 minutes de Paris, qu’Eiffage Aménagement construit  un écoquartier, sur l’ancien site de l’Ecole Centrale. Baptisé La Vallée, ce nouveau quartier de 223.500 m2 est réalisé par la Première SEMOP (société d’économie Mixte à Opération Unique) d’aménagement créé en France en 2017.

Le programme prévoit la réalisation de 2.000 logements (dont 16% de logements sociaux), 36.500 m2 de bureaux (dont le futur siège social de Lidl) 15.000 m2 de commerces, un collège de 700 élèves, un groupe scolaire de 19 classes, une crèche, une ferme urbaine, 280 places de stationnements public et 7 hectares d’espaces  végétalisés.

Mission déconstruction

Avant d’ériger l’écoquartier, Eiffage s’est voulu exemplaire en matière de développement durable. Entamée en 2018, la déconstruction des 85.000 m2 des bâtiments de l’Ecole centrale a généré 120.000 tonnes de gravats et 65.000 tonnes de granulats qui seront réutilisées. Ce recyclage évitera 6.000 rotations de camions. Autant de nuisances évitées aux riverains.

Mission béton

En tout, 98% des bétons et matériaux d’origine seront réemployés sur site : un taux de recyclage exceptionnel pour un chantier d’une telle envergure. Ces ressources vont servir en sous-couches routières et, plus original, à réaliser de nouveaux bétons.

Le tiers du béton de la première phase de l’opération (750 logements à horizon 2022) sera composé de granulats recyclés. Dans le respect de la norme le BETON 30% (EN206).

En partenariat avec l’université Gustave Eiffel à Champs-sur-Marne (77), Eiffage affine de nouvelles formulations utilisant toujours plus de matières première secondaire. L’industriel ambitionne d’utiliser un béton 100% recyclé. Pour ce faire, il faut réduire la porosité dudit recyclé, par exemple en le … carbonatant.

Avec l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux (IFSTTAR), le géant du BTP développe un procédé d’injection du CO2 dans les bétons recyclés. A terme, la production d’une tonne de béton employant des granulats de seconde main pourrait absorber 180 kg de CO2. Ce gaz carbonique pourrait être issu de l’air ambiant ou, plus intéressant, des effluents d’une usine. Dans ce dernier cas, le béton absorberait et séquestrerait du dioxyde de carbone. D’émetteur net, le béton deviendrait un puits de carbone.

Concret

Nous n’en sommes pas là. Mais déjà, Eiffage Route épand un enrobé constitué de 80% de matériaux recyclés et d’un liant végétal, à la place du bitume d’origine pétrolière. Les 80% de matériaux recyclés sont à 50% des agrégats d’enrobé et à 30% des gravillons de béton concassés provenant du site de Chatenay-Malabry.