Ecologie intégrale: le pape François en remet une couche

Le 19 juin 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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François, le pape de l'écologie intégrale.
François, le pape de l'écologie intégrale.
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Le Vatican publie un mode d'emploi de l'encyclique Laudato si'.

Cinq après la publication de Laudato si, le souverain pontife réaffirme son engagement en faveur de «l’écologie intégrale». Dans un «document interdicastériel»[1], mis en ligne jeudi 18 juin, la cité-Etat du Vatican livre un mode d’emploi de l’encyclique publiée en 2015.

En 200 pages, le Saint-Siège appelle les croyants à se convertir à l’écologie intégrale. Ce qui implique de «prendre soin de la vie et de la création», de dialoguer «avec l’autre», et de prendre conscience de l’interaction entre les «problèmes du monde». «Il est donc suggéré de renforcer des initiatives ponctuelles pour sensibiliser au thème de l’écologie, mais aussi de transformer les styles de vie en profondeur», résume Isabella Piro de Vatican News.

le gaspillage alimentaire : un vol des pauvres

Cette transformation pourra être accélérée, explique le document, grâce à une meilleure formation à l’écologie des citoyens. A cet égard, Sur le chemin du soin de la maison commune appelle l’école à former à la «citoyenneté écologique». L’université est encouragée à diriger les étudiants dans des «professions qui facilitent un changement environnemental positif ».

Rappelant que le Pape considère le gaspillage alimentaire comme un vol de nourriture aux pauvres, le document fait la promotion «d’une agriculture diversifiée et durable». Si possible pratiquée par de petits producteurs économes des ressources naturelles. Le texte condamne l’accaparement des terres et les grands projets agro-industriels qui vont avec. Il se montre aussi critique envers la privatisation du service de l’eau.

Le gouvernement de l’église catholique estime que toutes les orientations économiques doivent viser l’allègement de l’empreinte écologique. Ce qui implique notamment une baisse drastique des subventions aux énergies fossiles, à une tarification des émissions de carbone et au développement des énergies renouvelables.

Pour minorer les effets du réchauffement, le Vatican propose d’engager d’importants programmes de reforestation, de développer des modèles économiques bas carbone. Rome soutient aussi le projet de création d’un statut de réfugié climatique.



[1] Document rédigé par les dicastères, l’équivalent des ministères dans l’Etat du Vatican.