Dijon change de régime alimentaire

Le 24 novembre 2020 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Agronov compte une dizaine d'entreprises spécialisées dans l'innovation en agroécologie
Agronov compte une dizaine d'entreprises spécialisées dans l'innovation en agroécologie

Lauréate de l’appel à projets «Territoires d’innovation» en 2019, financé dans le cadre du programme d’investissements d’avenir, la métropole dijonnaise met le cap sur sa transition alimentaire à l’horizon 2030.

Stimuler la demande de produits de qualité pour accroître leur production… Tel est le credo de la métropole de Dijon. «Notre objectif est de démontrer que la transition vers un système alimentaire durable est bon pour l’environnement mais aussi pour l’économie et la cohésion sociale du territoire. Le mieux manger promeut le mieux produire. Et le mieux produire permet le mieux manger !», explique au JDLE Philippe Lemanceau, vice-président de Dijon métropole, en charge de la transition alimentaire.

Les légumineuses, bonnes pour la santé et l’environnement

Au cœur de cette transition, se trouvent les légumineuses, «bonnes pour la santé car elles ne contiennent pas de graisses saturées mais des fibres, bonnes pour l’environnement car elles permettent de réduire l’utilisation d’engrais et de pesticides, bonnes également pour l’alimentation animale en remplacement des tourteaux de soja importés», poursuit Philippe Lemanceau. Pour les favoriser, la coopérative locale Dijon Céréales va créer deux unités de transformation, pour extraire les protéines végétales des légumineuses cultivées localement pour l’alimentation humaine et pour l’alimentation animale.

La cuisine centrale comme tremplin

Reste à favoriser l’essor de leur consommation. La métropole s’appuie pour l’instant sur sa cuisine centrale, qui sert 8.000 repas par jour et dont les cantines respecteront l’objectif de la loi Egalim pour 2022 : soit 50% de produits locaux de qualité, dont déjà près de 35 % de bio. « En plus, nous comptons compléter le repas végétarien hebdomadaire par une alternative quotidienne au menu traditionnel en proposant un repas où les protéines animales seront remplacées par des protéines végétales. Nous souhaitons également associer le Crous et le centre hospitalier à cette dynamique», précise Philippe Lemanceau, directeur de recherche à INRAE.

Un label Dijon Agroécologie

Deuxième pilier de cette transformation, la création du label Dijon Agroécologie vise à promouvoir la transition alimentaire en certifiant l’origine locale, la qualité des produits et l’environnement de leur production. La qualité sanitaire et nutritionnelle, l’empreinte carbone et la préservation de la biodiversité feront partie des critères de sélection.  Objectif : atteindre un approvisionnement labellisé de 10 à 12% en 2030. Un objectif destiné à améliorer le bien-être et la santé des citoyens, tout en assurant une meilleure rétribution et une meilleure considération sociale des agriculteurs engagés dans la démarche.  «Nous veillerons à la disponibilité pour tous de ces produits, en garantissant un approvisionnement des cantines, où le prix du repas sera abaissé à 0,50€ pour les familles les plus défavorisées, et en les intégrant aux coupons alimentaires», vise Philippe Lemanceau.

Plus incertain pour l’instant, le volet foncier du projet vise à mobiliser de nouvelles terres pour une production agro-écologique. Des terres peu disponibles sur le territoire de la seule métropole, qu’il faut localiser dans les territoires alentour, dans une stratégie « gagnant-gagnant ».

Un comité des citoyens

Enfin, le dernier ingrédient touche à la participation des habitants au sein d’une gouvernance élargie, comprenant un comité des citoyens aux côtés d’un comité stratégique et d’un comité opérationnel. Au total, 50 organismes, 100 chercheurs et 160 contributeurs sont associés à l’aventure.

Le projet Alimentation durable 2030 bénéficie de fonds accordés par l’Etat (investissements d’avenir). Son budget total est évalué à 46 millions d’euros. Une part majeure -26 M€- provient de fonds privés, le reste étant financé par la Métropole et la Région Bourgogne-Franche-Comté.

En plus de la promotion des légumineuses, du label DijonAgroécologie et de la restauration des enfants, le projet comporte une série d’actions numériques, dont un diagnostic de la qualité des sols et de leur gestion en fonction des services attendus, une plateforme de mise en relation entre producteurs locaux et restaurateurs, une action d’aide sociale à l’alimentation de qualité pour tous et toutes et un observatoire de la transition... Des graines d’avenir.