Des poids lourds rétrofités à l’hydrogène

Le 05 octobre 2020 par Victor Miget
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Convertir un camion thermique en poids-lourds à hydrogène coûte 500.000 euros.
Convertir un camion thermique en poids-lourds à hydrogène coûte 500.000 euros.
VLDT

L’entreprise vendéenne e-Néo a développé un procédé pour adapter des poids lourds à ... l’hydrogène.

 

Il est désormais possible, pour un véhicule en service depuis 5 ans, de se refaire une jeunesse en changeant de motorisation. Et ce, depuis la publication, le 13 avril dernier, de l'arrêté autorisant la transformation des véhicules à motorisation thermique en voiture  électrique. Les poids lourds peuvent aussi bénéficier de ce rétrofit. Basée en Vendée, la société e-Néo propose de remplacer les diesel des  utilitaires et des camions poids lourds par une chaine de traction électrique avec une option de prolongateur pile à combustible (hydrogène).

Ecosystème en devenir

Le procédé est sensiblement le même que pour une voiture individuelle. «Nous retirons tout, le moteur, l’échappement, les réservoirs… Puis nous installons un moteur électrique [pack lithium ion 450v] avec la même équivalence de puissance [400 cv]», développe un porte-parole de e-Néo contacté par le JDLE. Le tout dynamisé par une pile à combustible afin d’obtenir un meilleur rendement. Les camions eux, auront une autonomie de 400 km. Ils consommeront en moyenne 10 kilos d’hydrogène pour 100 kilomètres. «Nous avons développé un système qui est transférable d’un camion à l’autre, c’est un peu du don d’organe». Les moteurs électriques encore en état peuvent être utilisés sur d’autres véhicules plus récents.

La démarche d’e-Néo s’imbrique dans le programme de développement d’hydrogène vert en Vendée, labellisée «Territoire hydrogène» par le ministère de l’Ecologie. 

A Bouin, la société Lhyfe produira 300 kilos d’hydrogène vert par jour, dès 2021. La première station d’avitaillement sera ouverte dans la foulée. «Nous avons callé notre calendrier là-dessus ! Le premier camion rétrofité devrait rouler au printemps prochain. Dans l’immédiat, la visée d’e-Néo est régionale, pour rester le plus proche possible du point d’avitaillement. A l’échelle nationale, c’est encore très compliqué.» Faute d’un écosystème hydrogène suffisamment développé.

500.000 euros

La démarche est encore expérimentale et coûte cher. «Nous sommes sur du rétrofit unitaire pour le moment, donc c’est forcément coûteux. Nous visons les 20 à 30 camions rétrofités par an à partir de 2021, à partir de là, les coûts baisseront», espère le porte-parole. Pour l’heure, comptez 500.000 euros pour un 44 tonnes. «Nous devrions atteindre 400.000 euros une fois notre vitesse de croisière atteinte», promet le porte-parole. Ce qui reste toujours moins cher que les tout récents camions Hyundai Xcient Fuel Cell à 800.000 euros l’unité… hors-taxes.