Des émissions de GES sous-estimées

Le 19 août 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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C’est l’un des plus puissants gaz à effet de serre (GES) anthropiques. Et l’un des plus mal surveillés aussi. En utilisant un puissant chromatographe en phase gazeuse, couplé à un spectromètre de masse, des chercheurs du laboratoire suisse d'essai des matériaux et de recherche (Empa, selon l’acronyme allemand) ont mesuré avec précision et en continu la concentration de trifluorocarbone (HFC-23), un GES dont le pouvoir de réchauffement global est 14.800 fois supérieur à celui du CO2.
 
Installé dans la station météorologique de Jungfraujoch (à 3.450 m d’altitude en Suisse) et dans un laboratoire situé à Mace Head (Irlande), le dispositif est non seulement capable de traquer de multiples polluants, même présents à l’état de traces, mais aussi de déterminer leur source d’émission.
 
Suite à une campagne de mesures réalisée entre juillet 2008 et juillet 2010, les scientifiques helvétiques ont donc évalué les concentrations réelles de HFC-23 et les ont comparées aux statistiques officielles 2009 de quelques Etats de l’Union européenne. Pour que l’étude soit objective, les cieux des 5 pays producteurs de HFC 23 (Pays-Bas, France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni) ont été audités, de même que ceux de 3 pays non producteurs (Autriche, Suisse et Irlande).
 
Surprise, les statistiques officielles des pays producteurs minorent systématiquement les rejets réels d’un facteur 2 à 4. L’Italie triche beaucoup plus que ses compétiteurs: ses données officielles sont, selon les années, 10 à 20 fois inférieures aux concentrations effectivement mesurées par l’Empa. Soit l’équivalent de 270.000 à 630.000 tonnes équivalent CO2 par an.
 
Dans les pays ne produisant pas ce gaz réfrigérant, les chiffres officiels sont, en revanche, conformes aux résultats des mesures des chercheurs helvétiques.