Des éleveurs de Loire-Atlantique lancent l’abattage à la ferme

Le 08 juillet 2020 par Stéphanie Senet
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Un caisson mobile acquis et testé par l'AALVie
Un caisson mobile acquis et testé par l'AALVie

150 éleveurs de Loire-Atlantique et de Vendée lancent une campagne de financement participatif pour développer dès 2021 un dispositif d’abattage mobile à la ferme qui réduit le stress des animaux.

Le test opéré en février par l’association Abattage des animaux sur leur lieu de vie (AALVie), à l’origine du projet, s’est avéré concluant. Un bovin a été étourdi sur son lieu de vie et saigné dans un caisson mobile sur l’exploitation. L’heure est au déploiement du dispositif à plus grande échelle, avec le soutien de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab).

Accompagnement complet

«Nous sommes motivés par la volonté d’accompagner jusqu’au bout les animaux qui sont nés, élevés à la ferme, et dont nous avons pris soin tout au long de leur vie. C’est une façon de leur marquer notre respect et de réduire fortement le stress lié à l’abattage», explique Guylain Pageot, éleveur en Loire-Atlantique et président de l’AALVie. Si l’abattage à la ferme est aujourd’hui interdit, le dispositif mis en place a obtenu le feu vert du ministère de l’agriculture.

20 caissons mobiles et deux unités fixes

Dans un premier temps, une vingtaine de caissons mobiles équiperont les exploitations, où des professionnels réaliseront l’étourdissement et la saignée, les deux premières étapes de l’abattage. Les éleveurs conduiront ensuite les animaux dans l’une des deux unités fixes de mise en carcasse, situées à Machecoul et Plessé (Loire-Atlantique). «Depuis la fermeture de l’abattoir de Challans, il n’y a plus d’abattoir à proximité», note Guylain Pageot.

Appel aux dons

Au total, le projet devrait s’étendre sur quatre départements : Ile-et-Vilaine, Loire-Atlantique, Morbihan et Vendée. A condition que son financement soit bouclé. Les éleveurs ont lancé début juillet une vaste opération de financement participatif, disponible sur le site Miimosa. Objectif : lever 1 million d’euros pour le recrutement d’une équipe, la réalisation des études et démarches sanitaires, l’achat des caissons mobiles… La construction d’une unité de mise en carcasse coûte à elle seule 3,5 millions d’euros. L’AALVie espère pouvoir offrir aux éleveurs un prix d’abattage similaire au prix du marché. Et de voir cette solution essaimer sur le territoire français.