Des balises pour retrouver les engins de pêche abandonnés

Le 07 juillet 2020 par Stéphanie Senet
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Objectif: éviter que les engins de pêche abandonnés ne piègent des espèces protégées
Objectif: éviter que les engins de pêche abandonnés ne piègent des espèces protégées

Une expérimentation est lancée en Méditerranée pour localiser, grâce à des balises satellitaires, des engins de pêche perdus en mer.

Au niveau mondial, 640.000 tonnes de filets de pêche ont été abandonnés en mer selon une estimation de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) réalisée en 2009. Soit environ 10% des déchets marins. «Le problème, c’est qu’un filet c’est fait pour tuer. Et quand il est perdu ou abandonné, il continue de tuer des poissons, mais aussi des espèces menacées comme les tortues et les phoques», rappelle François Galgani, océanographe à l’Ifremer.

Cette expérimentation doit permettre aux pêcheurs de récupérer leurs outils de travail partis à la dérive. L’équipement a été mis au point par CLS, une filiale du Centre national d’études spatiales (Cnes), avec l’appui de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer).

Balises de 10 centimètres

Casiers, palangres et filets seront munis de balises mesurant à peine 10 centimètres. Chacune d’entre elles contient une puce reliée à l’un des huit satellites (25 satellites associés d’ici à 2022). Elle émet un signal indiquant leur localisation aux pêcheurs équipés d’une tablette. 

Viabilité économique

«Perdre un filet, c’est un drame financier pour les pêcheurs traditionnels mais aussi pour l’environnement», affirme de son côté Pierre Moreira, président d’un regroupement de 200 pêcheurs varois, embarqués dans l’expérimentation. Une palangre, par exemple, coûte 3.000 euros.

Une balise ne coûte que 60 euros. Un montant auquel il faut ajouter le prix de l’abonnement au service de traçage et de récupération. «Si cette technologie est viable économiquement pour les pêcheurs artisanaux du Var, alors elle le sera pour tous», assure Gaëtan Fabritius, directeur de l’innovation de CLS.

Lancée en Méditerranée, cette expérimentation devrait ensuite s’étendre à l’Atlantique : au large de la Bretagne, du Canada et de la Guyane.

Future règlementation

L’entreprise CLS espère qu’une future réglementation internationale oblige les pêcheurs de s’équiper de balises pour récupérer leurs engins jetés à la mer. Pour l’heure, la directive européenne SUP –en cours de transposition dans l’UE- prévoit une filière à responsabilité élargie du producteur (REP) pour les seuls filets de pêche. Objectif: collecter les déchets pour les valoriser. Aujourd’hui, à peine un quart des filets usagés de retour sur terre sont recyclés en France. La grande majorité sont enfouis.