Bientôt des avions qui carburent à l’ammoniac ?

Le 26 août 2020 par Victor Miget
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Selon les chercheurs, l'ammoniac n’implique pas de repenser la conception des aéronefs civils.
Selon les chercheurs, l'ammoniac n’implique pas de repenser la conception des aéronefs civils.

L’agence gouvernementale du Royaume-Uni Science and Technology Facilities Council (STFC) et la société Reaction Engines Limited ont annoncé, lundi 25 août, avoir testé avec succès un carburant à base d’ammoniac destiné à l’aviation civile.

 

Déjà pressenti pour le transport maritime, l’ammoniac pourrait bien trouver des débouchés dans l’aviation civile. La STFC vient d’achever une étude avec la société d’ingénierie Reaction Engines Limited prouvant la création d’un système d'aviation vert basé sur un carburant à base d’ammoniac et d’hydrogène. Une première phase de tests en laboratoire vient d’être achevée avec succès. Le projet est né d’un programme baptisé concept Harwell Cross Cluster. Il réunit, entre autres, des organisations des secteurs de l'énergie et de l'espace.  

Recyclage

Le nouveau système de propulsion conçu par Reaction Engines combine ammoniac et hydrogène et est zéro émissions. Il brûle de manière stable, tout comme les carburéacteurs classiques. Principal atout : son utilisation n’implique pas de repenser la conception des aéronefs civils, comme c’est le cas pour la propulsion électrique ou hydrogène. «La densité de l'ammoniac liquide permet d'utiliser des configurations d'avions conventionnelles et il peut être possible de le moderniser dans un moteur existant, ce qui donnerait un jet zéro carbone qui pourrait commencer à desservir le marché du court-courrier bien avant l'objectif de 2050 actuellement fixé par l'industrie.», assure le SFTC dans un communiqué.

En effet, la technologie des batteries n'a actuellement pas la densité de puissance requise pour conférer une autonomie suffisante à un avion de ligne. L'hydrogène, quant à lui, doit être utilisé dans un état liquide cryogénique nécessitant des changements importants dans la configuration des avions. Enfin, les carburants synthétiques et les biocarburants utilisent des terres arables pour la production et n’est pas exempt d’émissions de suie.

Prochaine échéance ? Un test grandeur nature. Le professeur Bill David du STFC et de l'Université d'Oxford explique : «Notre prochaine étape consiste à passer à la petite échelle de l'aviation et nous sommes convaincus que nous atteindrons cet objectif.» Un démonstrateur intégrant la technologie dans un moteur d'essai au sol est prévu. Le vol zéro émission pourrait être une réalité d’ici quelques années, s’enthousiasme la SFTC.