Déchets médicaux: le grand encombrement

Le 07 mai 2020 par Stéphanie Senet
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Les DASTRI ont progressé de 60% en volume en Alsace, Moselle et Ile-de-France
Les DASTRI ont progressé de 60% en volume en Alsace, Moselle et Ile-de-France
Jerôme Baudoin - FNADE

La collecte de déchets d’activités de soins à risques infectieux a augmenté de 60% en volume dans les zones où le SARS-CoV-2 est le plus actif, selon la Fédération nationale des activités de la dépollution et de l’environnement (Fnade).

 

Sans surprise, la production des déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri) s’est emballée sur le territoire français. «On distingue trois types de situation selon le niveau de circulation du virus», explique au JDLE Muriel Olivier, déléguée générale de la Fnade. «Dans les zones les moins touchées, la production est restée stable, soit environ 2.900 tonnes par semaine, car la hausse des déchets liés à la Covid-19 a été compensée par le report des activités habituelles», poursuit-elle.

Hausse de 60% en volume

«Mais cette production a progressé de 40% en volume (et non en poids) dans les zones moyennement contaminées, essentiellement à cause des équipements de protection individuelle utilisés par les personnels soignants (masques, blouses, charlottes, etc). Ce qui a eu des conséquences importantes sur la logistique». La hausse a même atteint 60%, en volume, dans les zones où le SRAS-CoV-2 est le plus actif. Soit l’Alsace, la Moselle et l’Ile-de-France. Bien que là aussi, les activités de soins habituelles aient été reportées.

24h/24, 7j/7

Ces nouveaux flux ont pu être collectés et traités dans les installations habituelles parce qu’elles ont fonctionné 24h sur 24, 7 jours sur 7. «Une adaptation qui est due à la mobilisation sans faille des personnels», se fécilite Muriel Olivier. «Dans la plupart des cas, des masques ont été mis à disposition des opérateurs mais le Haut conseil de santé publique n’a recommandé aucune mesure spécifique pour eux», ajoute la représentante de la Fnade.

Ces déchets sont emballés et conteneurisés dans les hôpitaux et les établissements de soins avant d’être enlevés. Ils rejoignent ensuite des usines d’incinération spécialisées (81% des cas) et des installations de pré-traitement (19%) où ils sont désinfectés. Ces derniers sont ensuite conduits vers des incinérateurs ou des installations de stockage classiques.

Usines plus éloignées

Un arrêté du 18 avril a allongé les délais à respecter: soit 5 jours entre la production et la collecte (au lieu de 24 à 48h) et 20 jours entre la collecte et le traitement (au lieu de 72h). «Cette mesure a permis de désengorger les flux en Ile-de-France en transférant une partie des DASRI vers des usines plus éloignées, situées dans un rayon de 200 kilomètres», observe Muriel Olivier. Au total, la France dispose de 25 lignes de co-incinération spécialisées dans les DASRI et une vingtaine d’installations de pré-traitement.