Le transport maritime poursuit lentement sa décarbonation

Le 24 novembre 2020 par Victor Miget
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Entre 2008 et 2018, l'intensité en carbone du transport maritime international s'est améliorée de 30%.
Entre 2008 et 2018, l'intensité en carbone du transport maritime international s'est améliorée de 30%.

Le 75ème Comité de la protection du milieu marin (MEPC) de l'Organisation maritime internationale a approuvé de nouvelles mesures afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre (Ges) du transport maritime. Un plan de R&D à 5 Md€ est également en discussion.

 

Du 16 au 20 novembre, les experts du MEPC formellement approuvé les mesures anti GES présentées en octobre lors du groupe d’intersession.

Fuel lourd. Lors de ce MEPC l’OMI a adopté l'interdiction d’utilisation et de transport à des fins d’utilisation de fioul lourd par les navires en Arctique. La mesure s’appliquera progressivement entre 2024 et 2029.


Toujours pas de mesures coercitives

Ces amendements à la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (Marpol) visent à réduire l’intensité carbone du transport maritime. Ils seront définitivement adoptés en juin 2021. Contraignant, ces textes obligent la flotte mondiale de commerce à réduire de 40% son intensité carbone entre 2008 et 2030. Les propriétaires devront obligatoirement équiper leurs navires d’outils de limitation de puissance. Un classement du niveau d'«intensité carbone», de A (faible intensité carbone) à E (forte intensité carbone) devrait, par ailleurs, voir le jour.

«La bonne nouvelle c’est que ces amendements ont été soutenus à une large majorité. Cela constitue un cadre réglementaire solide pour l’avenir, même si certaines délégations, dont la France, ont une fois de plus regretté le manque de mesures coercitives», note Nelly Grassin, responsable Affaires techniques, sécurité, sûreté & environnement d’Armateurs de France. Les amendements n’intègrent pas de sanctions en cas de non-conformité - telle la révocation de la déclaration de conformité d’un navire. 

Une étude moins alarmiste

Autre sujet discuté: l’approbation de la 4ème étude de l’OMI. Celle-ci dresse un état des lieux de la flotte en 2018 «et compare ces données avec la 3ème étude qui se basait sur des chiffres de 2012», développe Nelly Grassin. Résultat des travaux: malgré une croissance de 40% du commerce maritime entre 2008 et 2018, l'intensité en carbone du transport maritime international s'est améliorée de 30%. La 3ème étude présentée en 2014 projetait jusqu’à plus 250% des émissions d’ici à 2050, «la 4ème étude est moins alarmiste et table sur +130% maximum. Nous ne nous en réjouissons pas, mais cela montre que nous sommes sur la bonne voie», assure Nelly Grassin.

Un fond R&D

Dernier sujet: la création d’un Conseil international de recherche et de développement maritimes (IMRB) et d’un fonds associé de 5 Md$ (4,2Md€) sur 10 ans afin de promouvoir la recherche et le développement de solutions de décarbonation du transport maritime. Les armateurs contribueraient à hauteur de 2 dollars la tonne de carburant consommée pour doter le fond à compter de 2023.