DAC: une fausse bonne idée pour le climat?

Le 26 août 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le bilan environnemental de la DAC doit être amélioré.
Le bilan environnemental de la DAC doit être amélioré.
Climeworks

Encore à l'état de prototypes, les aspirateurs à CO2 pourraient contribuer à stabiliser le réchauffement. A condition de réduire leur appétit en eau et en kWh.

La capture directe du CO2 (DAC) est l’une des technologie climatiques les plus «tendance». Son concept est simple: aspirer le gaz carbonique de l’atmosphère pour le stocker dans le sol ou le réutiliser en agriculture ou dans l’industrie. Objectif: diminuer, à terme, la concentration de dioxyde de carbone de l’air et donc ralentir la dynamique du réchauffement.

Dans le monde, quelques compagnies testent une quinzaine de prototypes[1]. En Suisse, Climeworks commence à industrialiser son procédé. Mais au vu de la très faible teneur en CO2 de l’air (0,04 %), cette technologie est-elle efficace? Oui et non, estime une équipe américaine, dirigée par Jay Fuhrman (université de Virginie).

grosses consommatrices d'eau et d'énergie

Dans un article, publié cette semaine par Nature Climate Change, les chercheurs estiment tout d’abord le potentiel de la DAC. En déployant massivement leurs aspirateurs à carbone, Climeworks, Carbon Engineering et leurs concurrents pourraient retirer plusieurs milliards de tonnes de CO2 par an, à partir de 2035. Pas mal. Problème: ces installations restent énergivores[2] et grandes consommatrices d’eau.

Selon les chercheurs, il faudrait allouer l’équivalent de 115 % de la consommation mondiale de gaz naturel aux DAC pour extraire 3 milliards de tonnes de CO2 par an: l’équivalent de 10 % de nos émissions annuelles. Ces machines ont aussi de gros besoins en or bleu. Le parc mondial pourrait engloutir l’équivalent du tiers de ce que consomment les centrales électriques en service. De quoi provoquer quelques conflits d’usage de l’eau, notamment avec le monde agricole.



[1] Ensemble, ces systèmes extraient environ 9.000 t de CO2 par an.

[2] Selon l’agence internationale de l’énergie, 200.000 t équivalent pétrole sont nécessaires pour absorber un million de tonnes de CO2.