Crise sanitaire : les transports franciliens seront intégralement dédommagés

Le 09 septembre 2020 par Victor Miget
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
En juillet, la présidente de la région capitale, Valérie Pécresse, avait suspendu les paiements à la RATP et la SNCF, dans l'attente d'un plan de soutien massif du gouvernement.
En juillet, la présidente de la région capitale, Valérie Pécresse, avait suspendu les paiements à la RATP et la SNCF, dans l'attente d'un plan de soutien massif du gouvernement.
VLDT

Un accord sur le financement des transports en Ile-de-France a enfin été conclu entre le gouvernement et Ile-de-France Mobilités (IDFM). En province, les autorités organisatrices de transports attendent leur tour.

 

On ne l’attendait plus. La présidente d'Ile-de-France Mobilités (IDFM) Valérie Pécresse a annoncé, mardi 8 septembre, qu’un accord avait été trouvé entre le syndicat de transport francilien IDFM et le gouvernement afin de compenser les 2,6 milliards d’euros (Md€) de pertes liées à la crise sanitaire.

Avance remboursable

«Les voyageurs ne seront pas appelés à payer le prix de la crise de la Covid, et nous ne freineront aucun des nombreux projets d'investissement que nous avons dans les transports. (...) Nous ne baisserons pas non plus l'offre de transport», a souligné l’élue à l’AFP.

L'Etat va couvrir de 80 à 100% des pertes du «versement mobilité», la taxe sur la masse salariale des entreprises de plus de 11 personnes. Coût estimé : 1 Md€.

Les 1,6 Md€ restant correspondent aux pertes de recettes voyageurs. L’exécutif accordera une avance remboursable de 1,1 à 1,4 Md€. «On a obtenu qu'elle soit à taux zéro, et elle sera remboursée sur 16 ans et de matière progressive. On a calculé les échéances de remboursement en fonction de nos prévisions de reconstitution de nos recettes», a développé Valérie Pécresse.

Les travaux redémarrent

Du côté des opérateurs, la RATP et la SNCF prendront en charge 10% des pertes dans le cadre de leur contrat avec IDFM. Le syndicat, de son côté, va reprendre les paiements interrompus en juillet dernier, faute de réponse du gouvernement pour engager «un plan de soutien massif». L'Etat et IDFM ont tout de même prévu «une clause de revoyure en 2021 et 2022 si la crise devait se poursuivre», a-t-elle précisé.

Plus serein, IDFM va pouvoir se concentrer sur la relance de ses travaux. Sont notamment cités un système de pilotage automatique pour les RER B et D, le prolongement du RER E à l'ouest, et les projets de tramways et bus en site propre.

Et les autres ?

Si le problème semble solutionné en Ile-de-France, il reste entier en province. En France, les pertes de recettes voyageurs avoisinaient les 2Md€ pour cette année. Auxquels il faut ajouter celles liées au versement mobilités (2Md€). Soit un total de 4Md€ moins les 2,6 Md€ de la région capitale. Reste donc à trouver 1,4 Md€.

La semaine dernière, Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale des association d'usagers des transports (Fnaut), expliquait au JDLE qu’après l’annonce du plan de relance allouant 11 Md€ aux transports, il était nécessaire «de se pencher sérieusement sur la recapitalisation des entreprises de transport, et les compensations suite à la crise sanitaire». Il a été entendu pour la SNCF. Quant aux autres entreprises, c’est une autre histoire.