Crash en vue pour AirFrance KLM ?

Le 02 novembre 2020 par Victor Miget
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Air France a enregistré une perte nette d'1,6 Md€ au troisième trimestre.
Air France a enregistré une perte nette d'1,6 Md€ au troisième trimestre.

Après avoir enregistré une perte nette de 1,6 milliard d'euros (Md€) au troisième trimestre, AirFrance KLM va devoir être de nouveau soutenue. Entre nationalisation côté français, et démantèlement du groupe côté néerlandais, les spéculations vont bon train. 

 

Une épée de Damoclès plane au-dessus d’Air France-KLM. Le groupe franco-néerlandais a enregistré une perte nette de 1,6 Md€ au troisième trimestre. La dette a augmenté de 3 Md€ et s’établie à 9,3 Md€.

KLM au plus bas

Alors qu’une deuxième vague de Covid-19 s’abat sur l’Europe, la situation n’est pas prête de s’améliorer. AirFrance ne table pas sur un retour à la normal avant fin 2021. Dans ces conditions, les 7 Md€ accordés par l’Etat français dans son plan de sauvetage de l’aéronautique n’y suffiront pas. Le groupe pourrait avoir besoin de 10 Md€ supplémentaires. Et c’est bien l’Etat, actionnaire du groupe à 14,30%, qui devra remettre la main au portefeuille. Dans ce cas, une nationalisation, même temporaire, est envisageable. «La nationalisation d’Air France est une option technique», a déclaré à BFMTV, le ministre chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebbari.

La situation n’est pas plus rose du côté des Pays-Bas (actionnaire du groupe à 14%). L’aide du royaume de 3,4 Md€ (942 M€ lui ont déjà été versés) accordée à KLM a été purement et simplement… gelée, vendredi 30 octobre.

Impasse en vue

La raison ? Le syndicat des pilotes de la compagnie refuse le gel des salaires pour cinq ans prévu par le le plan. Pour redresser la compagnie, le gouvernement prévoit des accords salariaux avec les différentes catégories professionnelles, une réduction des coûts de 15% et une diminution de moitié des émissions de CO2 de la compagnie d’ici à 2030. KLM prévoyait aussi de diminuer ses effectifs de 20% en supprimant environ 5.000 postes:1.500 licenciements, 2.000 départs volontaires et le non-renouvellement de 1.500 contrats temporaires.

Alors que l’Etat Français, se dit prêt à soutenir la partie française du groupe, le levier néerlandais reste bloqué. Autre difficulté : le modus operandi. Si ParisFrance n’exclut pas de monter au capital d’Air France KLM, Le Haye souhaite que lKLM demeure hollandaise et indépendante. Toute les options sont sur la table, scission du groupe comprise.