Covid-19: les visons danois refont surface

Le 21 décembre 2020 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Le vison d'Amérique, seule espèce à avoir contaminé l'homme
Le vison d'Amérique, seule espèce à avoir contaminé l'homme
Brendan Lally

Au Danemark, la crise des visons, animaux d’élevage capables de véhiculer la Covid-19, prend un nouveau tour: dimanche 20 décembre, le gouvernement a annoncé qu’il allait déterrer quatre millions de corps enterrés à la va-vite, en raison d’une possible pollution des sols et des eaux.

Premier éleveur mondial de visons, le Danemark connaît une crise politique d’ampleur depuis la révélation, en septembre, qu’une souche mutante du SRAS-CoV-2 était apparue dans un élevage, se propageant à 12 personnes du nord du pays. Dénommée «cluster 5», cette souche, qui faisait craindre une moindre efficacité vaccinale, s’est depuis éteinte, ont annoncé les autorités le 19 novembre.

Face à ce risque d’amplification et de mutation virales, le gouvernement a annoncé début novembre l’abattage des plus de 17 millions de visons que compte le pays. L’affaire a rapidement viré au fiasco, provoquant la démission du ministre de l’agriculture, Mogens Jensen, et obligeant la première ministre Mette Frederiksen à présenter des excuses publiques pour la gestion du dossier.

Loin d’être enterré, celui-ci vient de refaire surface: dimanche 20 décembre, le ministère de l’agriculture a annoncé qu’il allait déterrer quatre millions de visons enterrés dans deux fosses creusées en hâte sur des terrains militaires près de Holstebro et Karup, dans l’ouest du pays. En cause, une possible pollution des nappes phréatiques.

Pas de déterrage avant mai

L’opération ne devrait pas être menée avant six mois, en raison du possible risque virologique posé par ces corps. Elle devrait donc s’effectuer en mai, une fois le risque contagieux disparu. Les visons seront alors incinérés comme des déchets ordinaires. «On évite ainsi que les visons soient traités come des déchets biologiques dangereux, une solution qui n’a jamais été utilisée», indique le ministère de l’agriculture.

Lundi 21 novembre, un projet de loi visant à interdire l’élevage de visons jusqu’en 2022 doit être approuvé par le Parlement danois. D’autres pays ont vu leurs élevages de visons touchés par le SRAS-CoV-2, dont les Pays-Bas, la Suède, l’Italie, la Grèce, les Etats-Unis, l’Espagne et la France.

Fin novembre, un élevage français a été contaminé par le SRAS-CoV-2, mais aucune personne n’a été infectée. Les trois autres élevages recensés en France sont pour l’instant indemnes du virus, selon des analyses menées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Aux Etats-Unis, un premier cas dans la faune sauvage. Si plusieurs espèces peuvent être atteintes de la Covid-19, en particulier les chats et les chiens, les mustélidés y sont particulièrement sensibles. Parmi eux, le vison est la seule espèce capable de contaminer l’homme. Le 11 décembre, le secrétariat d’Etat américain à l’agriculture a annoncé le premier cas d’un vison d’Amérique sauvage contaminé, près d’un élevage de l’Utah. A ce jour, il s’agit du premier cas recensé de Covid-19 dans la faune sauvage.