Covid-19: la pollution de l’air, possible accélérateur de l’épidémie

Le 11 décembre 2020 par Romain Loury
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Les particules fines porteuses de SRAS-CoV-2?
Les particules fines porteuses de SRAS-CoV-2?

La pollution de l’air pourrait favoriser la transmission de la Covid-19, selon des travaux italiens. Outre une concordance entre pics de pollution et accélérations de l’épidémie, les particules fines s’avèrent porteuses du virus SRAS-CoV-2.

Si le confinement a un effet positif sur la pollution de l’air, celle-ci a, a contrario, un impact délétère sur la Covid-19. En cause, les personnes plus exposées aux polluants de l’air seraient plus vulnérables aux dégâts pulmonaires du virus SRAS-CoV-2.

Or, au-delà de la sévérité de la maladie, la pollution atmosphérique pourrait aussi faciliter la transmission du virus. Dans une note d’analyse publiée en mars sur son site internet, la Société italienne de médecine environnementale (SIMA) constatait une étroite association entre incidence de la maladie et pics de pollution dans la péninsule.

Un lien entre pollution et dynamique épidémique

Selon ces résultats, publiés fin septembre dans le British Medical Journal Open (BMJ Open), les régions les plus polluées par les particules fines de type PM10 (d’une taille inférieure à 10 microns) sont aussi celles où l’épidémie a progressé le plus vite. Parmi elles, celles du nord de l’Italie, en particulier la Lombardie, dont l’air est le plus pollué d’Europe de l’ouest.

Contrairement au sud de la péninsule, où l’épidémie présentait une courbe linéaire en février-mars, celle de provinces septentrionales a évolué par accélérations, chacune survenant deux semaines après un pic de pollution –un délai que les chercheurs imputent au temps d’incubation de la maladie.

Des gènes viraux présents à la surface de PM10

Selon les chercheurs, cette corrélation spatio-temporelle s’expliquerait par le rôle vecteur des particules fines, qui seraient capables d’héberger le virus à leur surface. Or l’équipe d’Alessandro Miani, du département de santé et de politique environnementales de l’université de Milan, a justement confirmé la présence du virus SRAS-CoV-2 dans des échantillons de particules fines recueillis à Bergame. Sur les 34 testés, 20 étaient positifs pour au moins un des trois gènes viraux analysés.

Publiée en septembre dans la revue Environmental Research, cette découverte ne signifie pas pour autant que les particules fines sont un facteur épidémique: l’étude ne montre pas que le virus présent à leur surface demeure infectieux. Pour cela, d’autres analyses seront nécessaires. L’idée n’aurait toutefois rien d’étonnant, le lien entre pollution atmosphérique ayant été observé pour d’autres maladies infectieuses.

En 2010, une étude chinoise avait ainsi mis en évidence une plus grande concentration de particules virales de la grippe aviaire H5N1 lorsque soufflaient des tempêtes du désert. D’autres études publiées par la suite (voir ici, ici et ) ont établi une relation entre la teneur atmosphérique en particules fines (PM2,5 ou PM10), et le nombre de cas de rougeole ou d’infection par le virus RSV –responsable de pneumonies infantiles.