Convention citoyenne : Bruno Lemaire expose ses réticences

Le 01 juillet 2020 par Victor Miget
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Bruno Le Maire
Bruno Le Maire

Mardi 30 juin, le ministre de l’économie Bruno Lemaire a détricoté certaines des mesures phares de la convention citoyenne pour le climat (CCC) en matière de transport.

 

Sur le plateau de BFMTV, Bruno Le maire n’a pas débordé d’enthousiasme à l’égard de certaines propositions de la CCC. Quand Jean-Baptiste Djebbari, s'est déclaré favorable à la baisse de TVA sur les billets de train  (de 10% à 5,5%), le ministre de l’économie a quant à lui réaffirmé son désaccord : « Je ne suis pas favorable à ce qu'on touche les taux de TVA », car « baisser la TVA, c'est des dépenses qui sont très lourdes pour l'Etat. » Il s’est en revanche dit « très favorable à ce que dans le plan de relance qui sera présenté vers la fin du mois d'août, le début du mois de septembre, nous ayons des dispositions très fortes pour la relance du fret ferroviaire et du transport ferroviaire ».

Le T4 à la loupe

Concernant l’aérien, le ministre a réaffirmé qu’il voyait dans le train une alternative à l’avion. Sa ligne suit celle du gouvernement. A savoir, l’arrêt des lignes intérieures quand il existe une alternative de moins de 2h30 en train, hors correspondances avec l'international. La CCC elle tablait plutôt sur 4h.

Concernant le Terminal 4 de l’aéroport Charles De Gaulle (Nord de Paris), le ministre a expliqué qu’au regard des nouvelles exigences environnementales et « de la réalité du trafic aérien » post Covid-19, il fallait revoir le bilan coût/avantage. « Il faut regarder sur chaque plateforme aéroportuaire - ça vaut évidemment pour Charles De Gaulle - les projets qui sont en cours ». La CCC elle, demandait l’abandon pur et simple de ces infrastructures.

Interrogé sur l'interdiction de la publicité pour les gros véhicules pollueurs comme les SUV, également proposée par la CCC, le ministre s'est dit « réservé ». Il mise plutôt sur la conscience écologique du citoyen. La solution, « ce n'est pas forcément l'interdiction de la publicité, c'est l'information du consommateur, parce que je fais confiance à l'intelligence collective des Français. » Et d’ajouter : « J'ai déjà proposé que lorsqu'il y a une publicité pour le SUV, on indique très clairement les émissions de CO2, de manière un peu plus lisible que c'est le cas actuellement ». Déclaration qui n’a pas manqué de faire réagir le député Matthieu Orphelin sur Twitter : « la seule information des consommateurs ne suffit pas et ce serait très loin des mesures fortes de la @Conv_Citoyenne que le Président s'est engagé à reprendre ! »