Confinement: les bureaux vides ont consommé trop d’énergie

Le 25 septembre 2020 par Victor Miget
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40% des bâtiments surveillés n'ont pas de monitoring énergétique efficace.
40% des bâtiments surveillés n'ont pas de monitoring énergétique efficace.
VLDT

Environ 40% des immeubles de bureau ont consommé autant pendant le confinement qu'après, révèle une étude de Deepki. La faute à l’absence de monitoring énergétique efficace.

 

La meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas. Une enquête réalisée par Deepki, startup spécialisée dans la transition environnementale du parc immobilier, s’est penchée sur la consommation de 3.500 bâtiments tertiaires pendant le confinement entre le 17 mars et le 11 mai.

40% de bâtiments mal régulés                          

Il en ressort que 40% d’entre eux ont continué à consommer comme s’ils étaient occupés. Chaque semaine, ce sont 123.000 euros de surconsommation de kWh qui se sont ainsi évaporés. Soit un total de 984.000 euros sur les deux mois de confinement. «Si le client nous dit qu’il reste de l’activité on ne dit rien, mais globalement, à 95% ces bâtiments étaient vides, et pourtant continuaient à être exploités normalement», développe Emmanuel Blanchet, co-fondateur de Deepki.

Pour en arriver à de tels résultats, la startup a tenté de savoir ce qu’était la consommation normale de ces bâtiments et ce qui s’apparentait à du gaspillage. La société a déterminé un niveau de consommation maximal en prenant comme référence le talon. Soit le créneau de nuit (de 2h à 5h du matin) du mois précédent le confinement. Une consommation supérieure au talon pendant le confinement est considéré dès lors comme du gaspillage.

De potentielles grosses économies

«Ces gaspillages sont révélateurs du besoin de programmer les bâtiments afin de réaliser des économies d'énergie. Et cela ne nécessite pas de gros investissements et peut être mis en place rapidement», souligne Emmanuel Blanchet.

Piloter pour mieux consommer

Deepki recommande de mettre en place des systèmes de mesure des consommations dans tous les bâtiments tertiaires. Une équipe devrait être chargée de lire le reporting et d’agir en conséquence. «Il y a forcément quelqu’un qui gère le bâtiment. Il s’agit de donner la bonne information à la bonne personne.» afin de programmer les installations de chauffage, la ventilation, la climatisation, l’éclairage etc. Rien d'insurmontable.

Cette  régulation-programmation des consommations d’énergie, complétant la rénovation énergétique, permettreait d’approcher  des objectifs du décret tertiaire qui demande à ce que les bâtiments tertiaires réduisent leur consommation d’énergie de 40% d’ici à 2030.