Condamnation d’un serriste pour pollution de l’eau

Le 16 juin 2020 par Stéphanie Senet
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Une première pollution a été observée dans le Gouermel en juin 2017
Une première pollution a été observée dans le Gouermel en juin 2017

Le tribunal judiciaire de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) a condamné, le 11 juin, un exploitant industriel de tomates sous serres à 50.000 euros d’amende, dont 25.000 € avec sursis, pour avoir rejeté des pesticides dans un cours d’eau.

Est-ce l’arbre qui cache la forêt ? L’affaire remonte à juin 2017 lorsque le Gouermel se teinte d’une couleur rouge sang au niveau de la commune de Plougrescant (Côtes d’Armor). Le maire fait effectuer des analyses de prélèvements, qui révèlent une concentration en pesticides de vingt-quatre fois supérieure à la norme de qualité et en nitrates douze fois supérieure au plafond fixé dans l’eau potable.

Rejet « ponctuel » ?

Après la plainte aussitôt déposée par l’association Eau et rivières de Bretagne, l’inspection de l’environnement conclut à un rejet ponctuel des purges d’une exploitation de tomates sous serres située à Penvenan, la plus grosse exploitation maraîchère de la région. «Ce type d’exploitation hors sol porte atteinte à l’environnement depuis 20 ans mais n’est pas classé comme tel. Ce qui rend les contrôles quasi-inexistants», dénonce Arnaud Clugery, porte-parole de l’association.

Ou pratique courante ?

Selon Eau et Rivières de Bretagne, ces rejets n’ont rien d’un accident. «La pratique est courante chez les serristes. Une solution nutritive (à base de pesticides et de nitrates, ndlr) est utilisée en circuit fermé. Quand elle n’est plus efficace, elle est souvent rejetée dans le réseau d’eau pluviale, et donc dans la nature, avec des conséquences environnementales extrêmement dommageables. Malheureusement, cette pratique est très répandue. Une pollution similaire a été observée à Plougrescant en mai dernier», affirme-t-elle.

Contrôles à déployer

Depuis la pollution observée en juin 2017, la préfecture des Côtes d’Armor a mis en place un plan de contrôle des serres. Eau et rivières de Bretagne demande un renforcement du dispositif, avec des contrôles réguliers, et son déploiement à l’échelle nationale. Des contrôles qui pourraient révéler l’étendue des rejets de serristes.