Concurrence : Régionéo veut sa part du gâteau

Le 15 septembre 2020 par Victor Miget
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Alors que l'obligation ne sera effective qu'à partir de 2023, plusieurs régions ouvrent déjà une partie de leur réseau à la concurrence.
Alors que l'obligation ne sera effective qu'à partir de 2023, plusieurs régions ouvrent déjà une partie de leur réseau à la concurrence.
VLDT

La RATP et Getlink ont annoncé la création de l’opérateur de transport ferroviaire Regionéo. Cette société commune répondra aux appels d'offres de certaines régions dans le cadre de l'ouverture à la concurrence des trains express régionaux (TER).

 

La SNCF va devoir composer avec un nouveau concurrent. La RATP Dev (filiale de la RATP) s’est associée à Getlink, l'exploitant du tunnel sous la Manche, afin de créer Régionéo. Cette société commune ambitionne de concurrencer la SNCF sur ses trains express régionaux (TER), qui s’ouvrent peu à peu à la concurrence.

Progressif. Les premiers trains d’opérateurs concurrents de la SNCF ne sont pas attendus avant 2022. La mise en concurrence deviendra obligatoire fin 2023 pour toutes les régions. Date à laquelle prennent fin les conventions les liant à la SNCF.

Expertise partagée

C’est en novembre dernier que les deux entreprises ont rendu publique leur alliance au sein d’une société à capitaux partagés (55% RATP Dev, 45 % Getlink, ex-Eurotunnel). La RATP apportera son expertise en billétique, ainsi qu’en exploitation. Getlink apportera «la connaissance de la gestion des sillons, sujet extrêmement complexe, un savoir-faire réel en matière de licence ferroviaire», a indiqué aux Echos son PDG, Jacques Gounon. A quoi s’ajoutent ses compétences en termes de maintenance du matériel roulant et de formation. 

Du pain sur la planche

A peine créée, Régionéo prépare ses candidatures. Si la jeune société venait à remporter un appel d’offre, «nos premières circulations, compte tenu des délais de procédure et de transfert des salariés, ne pourront avoir lieu avant la fin 2023», précise un porte-parole de Getlink, contacté par le JDLE. Mais avant cette date, il faudra se procurer de quoi rouler. «Aujourd’hui la SNCF est propriétaire des matériels financés par les régions. Celles-ci pourront activer une demande de transfert de propriété pour les matériels affectés aux lots ouverts à la concurrence puis les mettre à disposition des opérateurs retenus», indique le porte-parole de Getlink.

Un parmi tant d'autres

Mais s’intégrer sur ce marché ne sera pas une mince affaire. Nombreux seront ceux qui répondront aux appels d’offre des régions. La SNCF bien sûr, mais aussi d’autres mastodonte rompus à l’exercice : le français Transdev, l’italien Trenitalia (par le biais de sa filiale Thello), l’allemand Deutsche Bahn (via sa filiale Arriva), ou encore le néerlandais Abellio.

Prudente, Régionéo joue petit. La société ne se positionnera que sur les appels d’offres des régions Grand Est, PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) et Haut-de-France. «Ces deux choix sont assez évidents pour nous car ce sont les régions dans lesquelles les deux actionnaires sont déjà implantés localement via d’autres activités», explique le porte-parole.

Mais l’os à ronger n’est pas bien épais. Hauts-de-France et Grand Est n’envisagent d’ouvrir que 20% et 10% de leur réseau à la concurrence. Mais les deux partenaires partent confiants. «En ouvrant le transport de voyageurs à la concurrence, les régions ont exprimé une insatisfaction quant à l’offre proposée actuellement, qu’elle soit financière ou opérationnelle. Nous sommes convaincus que, dans un cadre concurrentiel supervisé par les autorités régulatrices, un nouvel entrant saura trouver sa place  en proposant une offre de qualité qui répond à la demande des usagers pour de la fiabilité, de la sécurité et de la régularité», assure le porte-parole.

Et en Ile-de-France ?

Autre marché potentiel: la région capitale. En février dernier, la présidente du conseil régional, Valérie Pécresse, a annoncé l’ouverture à la concurrence des trains de banlieue exploités par la SNCF. La loi Nouveau pacte ferroviaire permet en effet à Île-de-France Mobilités (IDFM, l’autorité organisatrice des transports franciliens) de mettre en concurrence 8 lignes SNCF exploitées par SNCF Transilien. A ce jour, rien n’indique que Régionéo, lorgne sur ce marché, bien connu de la RATP.