Comment Londres veut décarboner son économie

Le 14 décembre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'éolien offshore : la colonne vertébrale de la décarbonation de l'économie britannique.
L'éolien offshore : la colonne vertébrale de la décarbonation de l'économie britannique.
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Le gouvernement de Boris Johnson publie son livre blanc sur la décarbonation de l’économie, des transports et de l’énergie.

Quelques jours après que Boris Johnson a rehaussé l’ambition climatique britannique, son gouvernement passe aux travaux pratiques. Ce lundi 14 décembre, le ministère de l’économie, de l’énergie et de l’industrie a publié son livre blanc du verdissement de l’économie.

Nuke is good. Le gouvernement britannique mise sur l’énergie nucléaire. Au moment où il publie son livre blanc, Boris Johnson annonce l’ouverture des négociations avec EDF sur la construction d’une nouvelle paire de réacteurs EPR à Sizewell C. Cette centrale sera vraisemblablement financée selon le principe du RAB dont les règles viennent d’être précisées. En parallèle, Londres poursuit ses recherche sur les réacteurs du futur : réacteur modulaires (SMR) et à fusion sont au programme.

Objectif du ministre Alok Sharma (par ailleurs président de la COP 26): réduire en dix ans de 230 Mt les émissions britanniques de gaz à effet de serre (Ges). Londres veut faire aussi de cette transition énergétique une usine à jobs: 220.000 emplois pourraient être créés d’ici à 2030, espère le gouvernement conservateur.

quadruplement de la puissance éolienne marine

Parmi les principaux leviers qui seront actionnés: le verdissement de la mobilité, la mise en œuvre de 5 GW de capacité de production d’hydrogène bas carbone, le développement de l’énergie nucléaire (lire encadré). Londres veut aussi quadrupler la puissance du parc éolien marin entre 2020 et 2030[1], décarboner des transports maritimes et aérien et améliorer la performance énergétique des bâtiments.

pompes à chaleur

En plus de vastes programmes d’isolation, Downing Street parie sur les pompes à chaleur. 600.000 pourraient être mises en service, chaque année, à partir de 2028. Un appel à projets est d’ailleurs lancé pour accroître les capacités de production locale.

Après avoir finalement interdit la commercialisation des véhicules neufs à moteur thermique dès 2030, Londres table sur une électrification accélérée du parc.

Bien que la dernière centrale au charbon ne doive fermer ses portes qu’en octobre 2024, le Royaume-Uni entend bâtir deux hubs industriels du captage, de la valorisation et du stockage géologique du CO2 : 10 Mt/an de gaz carbonique pourraient être envoyées dans le sous-sol de la mer du Nord dès 2030.

Accord avec l’Union européenne ou pas, la Grande-Bretagne instaurera son propre marché de quotas d’émissions de Ges.

 

 



[1] Londres prévoit une capacité de 40 GW, en 2030, dont 1 GW d’éolien flottant.