Londres et Paris organisent une mini COP

Le 11 décembre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Un événement totalement virtuel.
Un événement totalement virtuel.
COP 26

Virtuel, le sommet de l’ambition climatique du 12 décembre vise à mobiliser les Etats et les grandes entreprises. Le pari n’est pas (encore) tout à fait gagné.

Virtuellement. Le 12 décembre, ils seront une cinquantaine de chefs d’Etats et de gouvernement à souffler, par visioconférence, les 5 bougies d’anniversaire de l’accord de Paris. Co-organisé par le Royaume-Uni et la France, le sommet de l’ambition climatique n’ambitionne pas de faire progresser les négociations portant sur les règles d’application de l’accord conclu à l’issue de la COP 21.

Ce moment symbolique sera surtout l’occasion de montrer qu’une bonne partie de la communauté internationale reste dans la dynamique de l’accord de Paris, un an avant l'ouverture de la prochaine COP onusienne (COP 26). Durant cet après-midi, plusieurs dizaines de dirigeants présenteront les engagements ciimatiques de leurs pays.

plus de 70 pays

Certains sont connus, comme ceux de la Chine. D’autres sont tous chauds, comme ceux de l’Union européenne. Les gouvernements français et britannique ont été très clairs: ces nouvelles promesses devront contribuer à rehausser les ambitions climatiques nationales et avoir été faites dans le courant de cette année. «Un peu plus de 70 pays, à l’origine de la moitié des émissions mondiales répondent à ces deux critères», se félicite-t-on à l’Elysée.

Une trentaine devraient viser la neutralité carbone, à un horizon plus ou moins lointain; 2050 le plus souvent. Par ailleurs, «une cinquantaine de pays devraient faire des annonces de rehaussement de leur contribution nationale volontaire», précise-t-on dans l’entourage du président de la république.

DES absents de marque

Le sommet virtuel comptera quelques absents de marque. Démissionnaires, les Etats-Unis n’auront pas voie au chapitre. Ce n’est sans doute que partie remise. «Le président Biden n’arrive en fonction qu'au mois de janvier et donc il n'y a pas de décision prise avant – même si le programme du candidat nous donne des indications», confirme une source gouvernementale française.

Autres grands absents: la plupart des grands producteurs de pétrole (à l’exception de l’Irak et de la Norvège), l’Afrique du Sud, l’Indonésie, la Turquie, la Russie, le Mexique, le Brésil et l’Australie. Les administrations de ces deux derniers pays entendaient pourtant s’exprimer dans l’enceinte virtuelle. La faiblesse de leurs engagements[1] les a disqualifiés. 

entreprises en retrait

Après, les Etats, les entreprises. Celles-ci auront fort à faire pour redorer leur blason climatique. En témoigne la dernière étude d’Urgewald, publiée ce vendredi 11 décembre. L’ONG allemande y montre que, depuis la conclusion de l’accord de Paris, banques et investisseurs ont consacré 1.100 milliards de dollars à des projets d’exploitations d’énergies fossiles. Menées à leur terme, ces opérations émettront 175 milliards de tonnes de CO2: 74% du budget carbone dont nous disposons pour stabiliser le réchauffement à 1,5 °C. 

Certaines entreprises confirmeront leurs engagements de neutralité carbone, voire climatique. D’autres se contenteront d’intégrer de nouvelles normes de rapportage des émissions ou de l’empreinte carbone. Peut mieux faire.



[1] Les objectifs de la 2e contribution (NDC) brésilienne sont inférieurs à ceux de la première.