Climat: le pied de nez de Poutine à Trump

Le 05 novembre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Vladimir Poutine a publié un oukaze climatique.
Vladimir Poutine a publié un oukaze climatique.
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La Russie transcrit en droit national les objectifs de son INDC de 2015.

Coïncidence. Ce mercredi 4 novembre, jour où les Etats-Unis ont officiellement quitté l’accord de Paris, la Russie précisait son ambition climatique. Dans un oukaze (décret présidentiel), le président Poutine annonce la couleur. Le cinquième émetteur mondial[1] devra réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 70% entre 1990 et 2030.

Pour important soit-il, cet objectif n’est pas nouveau. C’était déjà celui présenté dans le plan d’action volontaire (INDC) publié par l’administration russe en 2015. L’oukaze le confirme et le transcrit en droit russe.

l'héritage de la Perestroïka

A la grande satisfaction des industriels russes. Car la disparition de nombreuses industries lourdes depuis la Perestroïka a permis à la Russie de réduire de 27% ses émissions de gaz à effet de serre (GES) entre 1990 et 2018. Elle respecte les engagements pris en 2009, à la COP 15 de Copenhague. Surtout, cet abattement structurel des émissions diminuera sensiblement les efforts de décarbonation à produire.

le tiers des émissions

De plus, l’administration Poutine prend en compte les performances, «remarquables» des puits forestiers. Selon Moscou, les forêts et les taïgas russes absorbent l’équivalent de 500 Mt de GES chaque année: presque le tiers du bilan carbone russe annuel. Ce calcul reste hasardeux. Car, avec le réchauffement, particulièrement rapide dans de nombreuses régions de Russie, les vagues de chaleur et les incendies pourraient réduire significativement les surfaces forestières. 



[1] Derrière la Chine, les Etats-Unis, l’Union européenne et l’Inde.