Climat : le Danemark passe à la vitesse supérieure

Le 23 juin 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La plateforme pétrolière Nini injectera du CO2 dans le sous-sol marin.
La plateforme pétrolière Nini injectera du CO2 dans le sous-sol marin.
Dong

Le royaume scandinave prévoit d’abattre de 70% ses émissions de CO2  d’ici à 2030.

 

Pendant que les Conventionnels se demandent comment réduire les émissions françaises de 40% d’ici à 2040, les Danois passent à l’action. Le 22 juin, les principaux partis du royaume ont conclu un accord inédit sur l’atténuation. Le Danemark abattra de 70% ses émissions de gaz à effet de serre (GES) entre 1990 et 2030.

Suivant les recommandations du Danish Climate Council (DCC, l’équivalent du Haut conseil pour le climat), Copenhague va actionner trois leviers : fiscalité, énergies renouvelables et séquestration géologique du carbone (CSC).

Le gouvernement et les principaux partis s’accordent sur un alourdissement de la taxation des émissions de gaz carbonique. Mais aucun chiffre, ni aucun rythme n’est encore sur la table. Le DCC propose de faire passer la taxe carbone de 23 à 200 euros en 10 ans.

quatre énormes parcs éoliens

Parallèlement, quatre gigantesques séries de parcs éoliens marins devraient être mis à l’eau, en mer du Nord et en mer baltique (Nordsoen 1, 2, 3, 4, Kriegers,  Hesselo et Bornholm 1 et 2. Ces parcs pourraient porter à plus de 11 GW la capacité éolienne danoise : + 45% en 10 ans. En moyenne, l’éolien fournit actuellement un peu moins de la moitié du courant consommé au Danemark. L'accord multipartite prévoit aussi la construction d'électrolyseurs (100 MW de puissance totale). L'hydrogène produit avec de l'électricité éolienne servira à stocker l'énergie, réduisant les risques imputables à la production intermittente.

stockage géologique de CO2

Le royaume scandinave prévoit enfin d’utiliser ses nombreux gisements épuisés d’hydrocarbures en mer pour y injecter le CO2 produit par certaines installations industrielles. Un premier puits, foré dans l’ancien champ pétrolier offshore Nini, pourrait recevoir ses premiers m3 de CO2 comprimé dès 2025. A la fin de la décennie, le Danemark espère pouvoir injecter, chaque année, 3,5 millions de tonne de dioxyde de carbone sous la mer.