Climat: Chine et Europe à l’unisson

Le 23 septembre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La Chine veut réduire son empreinte carbone sans sacrifier ses exportations.
La Chine veut réduire son empreinte carbone sans sacrifier ses exportations.
CGTN

La Chine annonce un rehaussement de son ambition climatique. Ce sera bon pour ses exportations en ... Europe.

Xi Jinping a surpris son monde. Le 22 septembre, lors de la 75e assemblée générale des Nations unies, le président de la république populaire de Chine a annoncé de nouveaux engagements climatiques. Le maître de Pékin a confirmé la publication prochaine d’une nouvelle contribution nationale volontaire (NDC) qui devrait annoncer un plafonnement des émissions chinoises «avant 2030» et la neutralité carbone «avant 2060». Tenu, ce dernier engagement permettrait de refroidir le réchauffement mondial de 0,2 à 0,3°C, estiment les chercheurs de Climate Carbone Tracker

rehaussement de l'ambition

Une semaine après la publication des futurs objectifs climatiques européens, les annonces chinoises tranchent avec les promesses faites un an avant la COP 21. Le 11 novembre 2014, Xi Jinping s’était engagé devant le président Obama à ce que les émissions chinoises de GES déclinent «autour de 2030». Le pays contribuant le plus au renforcement de l’effet de serre[1] avait aussi annoncé la montée à 20% de la part des énergies décarbonées dans le bouquet électrique à l’horizon de 2030. Objectif largement atteint : durant les 8 premiers mois de l’année, nucléaire, éolien, hydroélectricité et photovoltaïque ont produit 1.366 TWh sur les réseaux, soit 28% des électrons consommés en Chine.

Cinq ans plus tôt, en marge du sommet climatique de Copenhague, la Chine avait aussi promis de réduire de 40 à 45% l’intensité carbone de son économie. Une façon de s’autoriser à doubler ses émissions en toute bonne conscience. A l’époque, nombre d’ONG environnementales avaient applaudi les annonces chinoises.

deux messages

Comment interpréter ces nouveaux engagements chinois? De deux façons. A l’administration Trump, la Chine indique qu’elle ne renonce pas au multilatéralisme (qui lui a tant apporté) ni au processus initié par l’Accord de Paris. A la Commission européenne, Pékin indique qu’elle va rapidement accroître la contrainte carbone pesant sur ses secteurs les plus émetteurs. Sans doute, en finalisant, avec plusieurs années de retard, son marché national de quotas d’émission de gaz à effet de serre. Cette perspective aura des conséquences économiques. Ce faisant, les exportations chinoises, contrairement aux américaines, échapperont probablement à la future taxe carbone aux frontières que l’Union européenne entend mettre en place en 2022.

Pékin prévoit de présenter son 14e plan quinquennal (2021-2025), à l’issue du prochain Comité central du Parti communiste chinois, qui doit normalement se tenir au début du mois d’octobre. Il fera office de feuille de route économique pour la seconde puissance économique mondiale jusqu’en 2035.



[1] La Chine émet 28% du CO2 anthropique.