Charcuterie: les nitrites bientôt en débat à l’Assemblée

Le 11 décembre 2020 par Romain Loury
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Une couleur rose due aux nitrites
Une couleur rose due aux nitrites

Une proposition de loi visant à interdire les additifs nitrités (nitrites et nitrates) dans les produits de charcuterie a été déposée à l’Assemblée nationale par des députés Modem et LREM. Elle devrait être débattue fin janvier.

Après avoir échoué fin 2019 à imposer une taxe sur les sels nitrités, le député Richard Ramos (MoDem, Loiret) récidive. Cette fois-ci, il s’agit tout bonnement d’interdire, en 2023 pour la charcuterie crue (jambons de Bayonne et de Parme), en 2025 pour la charcuterie cuite (jambon blanc), la présence de nitrites et de nitrates, accusés de favoriser le cancer colorectal. Raison de ce décalage, le fait que plusieurs producteurs de charcuterie crue, dont le n°1 Aoste depuis 2019, se passent déjà de ces additifs.

Cosignée par les députées Michèle Crouzet (MoDem, Yonne) et Barbara Bessot (LReM, Haute-Saône)[i], la proposition de loi, qui devrait être débattue fin janvier, prévoit, avant même l’interdiction, un étiquetage des produits indiquant «Contient des nitrites ou des nitrates ajoutés et qui peuvent favoriser les cancers colorectaux », ainsi que la teneur de ces additifs. Les bouillons de légumes seront aussi concernés, ainsi que les publicités pour l’ensemble de ces produits.

Une pétition signée par 320.000 citoyens

Fin novembre, Foodwatch, Yuka et la Ligue contre le cancer ont lancé une pétition demandant l’interdiction des nitrites dans l’alimentation. A ce jour, elle dépasse les 320.000 signatures. Fin novembre, la Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (FICT) avait mis en demeure l’association Yuka de la supprimer, dénonçant des «allégations trompeuses».

Pour les opposants aux nitrites, la raison principale de la présence de ces additifs est d’ordre esthétique –ils confèrent leur couleur rose au jambon blanc, qui a une teinte grise en leur absence-, et non sanitaire, comme l’affirment les industriels. Selon eux, il s’agit avant tout de prévenir le risque de botulisme, grave maladie paralysante. Plusieurs fabricants ont toutefois décidé de s’en passer, sans accident à ce jour.



[i] Les trois députés, rapporteurs d’une mission d’information sur les sels nitrités dans l’industrie agroalimentaire, publieront leur rapport mi-janvier.