Cardiff lance un ambitieux projet de Gigafactory

Le 20 juillet 2020 par Victor Miget
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En 2023, la Gigafactory devrait être produire les batteries nécessaires à 100.000 véhicules.
En 2023, la Gigafactory devrait être produire les batteries nécessaires à 100.000 véhicules.
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La start-up Britishvolt a conclu un protocole d’accord avec le gouvernement gallois pour développer une imposante usine de fabrication de batteries pour voiture électrique. Pour le Royaume-Uni l’enjeu est triple : environnemental, économique et social.

 

La première Gigafactory du Royaume-Uni est en passe de voir le jour. La start-up Britishvolt a choisi un site dans le sud du Pays de Galles, dans la vallée de Glamorgan, pour développer une usine de fabrication de cellules de batteries lithium ion de 30 GWh. La production se destine au marché automobile. L’infrastructure sera complétée d’une centrale photovoltaïque solaire de 200 MWc qui l’alimentera en électricité renouvelable. La première phase du plan de Britishvolt consiste à produire 10 GWh de cellules lithium-ion par an à partir de 2023 : de quoi équiper 100.000 véhicules. L’industriel entend atteindre sa vitesse de croisième ((30 GWh/an) d’ici à 2027.

Ambiance électrique chez la police. En France, le Sénat a voté, dimanche 19 juillet, un amendement qui consacre 75 millions d'euros de crédits pour renouveler et verdir la flotte de véhicules de la police et de la gendarmerie. Sont attendus dès 2020 1.150 véhicules électriques, 1.150 véhicules à motorisation essence et 1.500 vélos électriques de production française. Une goutte d’eau (propre) dans un parc automobile de plus de 70.000 véhicules carburants au diesel pour plus de la moitié.

Une première phase

L’usine sera installée sur l’ancienne base de la Royal Air Force de Bro Tathan, transformée en parc d’activités : Aston Martin y assemble sa Lagonda. Le site est actuellement proche de Cardiff, riche main-d'œuvre qualifiée, selon Britishvolt.

Pour financer le 1,2 milliard de livres sterling (1,3 milliard d'euros) nécessaire à la première tranche, Orral Nadjari, PDG de la jeune pousse cherche à emprunter, à décrocher une aide du du fonds de transformation automobile. En cas de succès, Britishvolt entend aussi lever entre 300 et 400 millions de £ via une introduction en bourse en 2021.

Bénédiction

Le gouvernement britannique, qui vise la neutralité carbone à horizon 2050, a tout intérêt à soutenir le projet. Il avait déjà appelé à une production de batteries à grande échelle dans le pays, afin de réduire la dépendance vis-à-vis des marchés asiatiques et conserver les emplois manufacturiers lors du passage à l’électrification. Mais la Grande-Bretagne part de loin. A peine 2 GWh produit par une usine à Sunderland (Nord-Est) qui approvisionne Nissan. Et Brexit oblige, Le Royaume-Uni ne participera pas à l’Airbus des batteries qui vise à créer un géant européen.

L’annonce est d’autant plus importante, que dans cette région boudée par le secteur automobile. Le constructeur Ford compte y fermer son usine de moteur en septembre. Il y a dix jours, c’est le constructeur Ineos Automotive qui envisageait d’installer son usine de 4x4 en France, plutôt qu’au Pays de Galles. Cette Gigafactory devrait quant à elle créer jusqu’à 3.500 emplois.