Caen fait sauter le bitume de sa voirie

Le 04 novembre 2020 par Victor Miget
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Dans un premier temps, environ 1.000 m² seront végétalisés à Caen.
Dans un premier temps, environ 1.000 m² seront végétalisés à Caen.

La préfecture du Calvados a lancé fin octobre un programme de débitumisation de ses trottoirs. Objectif : désimperméabiliser la ville et ramener du vert. Sans pour autant nuire à la mobilité piétonnière.

 

A Caen, la nature devrait reprendre un peu de ses droits. Depuis le 19 octovre, la municipalité débitumise le boulevard Bertrand. Coût de l’opération: 20.000 euros. Ce projet englobe environ 1.000 m² végétalisés et désimperméabilisés (220 m linéaires sur 4 m de largeur), le retrait de 109 potelets, la plantation de 4 arbres d’alignement et la dépose et repose de 2 bancs.

Objectifs multiples    

«Nous avons commencé par cette avenue car plus simple à mettre en œuvre. Après les élections municipales, nous sommes allés vers les projets que nous pouvions porter rapidement», explique Julie Calberg-Ellen, adjointe au maire à la transition écologique L’enrobé a été cassé, pour céder sa place à une pelouse.

Cette désimperméabilisation facilite l’infiltration des eaux pluviales, réduisant les risques d’inondation en cas d’événement météorologique extrême. Moins de bitume, c’est aussi moins d’îlots de chaleur les jours de canicule. En assurant un meilleur environnement aux arbres, on augmente aussi les surfaces de captage du carbone tout en améliorant l’esthétique urbaine. Un cheminement piéton en dur a été conservé.

Quid de la biodiversité? L’espace devrait être tondu de 4 à 6 fois par an. Il ne faut donc pas s’attendre à voir beaucoup d’espèces s’installer sur le boulevard. «Il y aura une trame verte sans doute plus accueillante que le béton pour divers animaux. Mais ce n’est pas dans ces espaces-ci qu’ils viendront se nicher.», reconnait l’élue LREM. Elle assure néanmoins, que le plan prévoit de fleurir d’autres espaces, plus adaptés et pourquoi pas, plus tard, le Boulevard Bertrand.

Un plan plus large         

Globalement, la mairie prévoit de consacrer 200.000 euros par an sur 3 ans et d’étendre le programme à d’autres sites : le centre-ville notamment. A terme, 5 hectares seront débarrassés de leur bitume. «Nous avons des idées de rues, mais nous souhaitons travailler avec les élus de quartier pour mieux identifier les besoins et l’acceptabilité de la mesure, notamment sur la question de l’accessibilité PMR (personnes à mobilité réduite NDLR)», développe la juriste.

Lors des dernières municipales, l’idée a été portée par l’équipe du maire, Joël Bruneau (LR) «Elle s’inscrit dans un projet global de végétalisation de la ville. Avec la direction des espaces verts, nous souhaitions nous attaquer à la question climatique et de la biodiversité», précise Julie Calberg-Ellen. Au total, la municipalité souhaite planter 10.000 arbres (principalement fruitiers), végétaliser les grands axes et places publiques, créer des ilots de fraîcheur, notamment dans les cours d'école.

Ici et ailleurs

L’idée fait son chemin au-delà des murs de la cité normande. Paris prévoit la remise en terre de presque 13 hectares en pleine terre d’ici fin 2020.  Anne Hidalgo, envisage de planter 5 forêts urbaines : sur le parvis de l’Hôtel de Ville, près de la gare de Lyon, place de la Bourse (centre), place de Catalogne (sud) et rue Curial (nord). A Grenoble, ce sont les cours d’école qui sont en passe de reverdir.