Bientôt un nouvel horizon pour les déchets d’une falaise du Havre

Le 25 août 2020 par Stéphanie Senet
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Entre 300.000 et 400.000 mètres cubes de déchets au pied de la falaise
Entre 300.000 et 400.000 mètres cubes de déchets au pied de la falaise

La ville portuaire a lancé les dernières études qui décideront du sort des déchets déversés par l’ancienne décharge privée située sur la falaise. Une décharge fermée il y a 20 ans, qui continue de relarguer des déchets en mer et sur le littoral.

Au pied d’une falaise havraise haute de 80 mètres, les équipes mandatées par le cabinet d’étude Antea viennent de prélevés des déchets relargués par l’ancienne décharge créée dans les années 50. Une trentaine de bigs bags ont été évacués par hélicoptère jusqu’au chantier d’insertion Aquacaux, qui collecte régulièrement les déchets de l’estran pour limiter la pollution, puis dirigés vers une plateforme de tri.

Tri, inventaire, batymétrie

L’opération doit «permettre de vérifier la faisabilité technique du criblage des terres et de préciser la nature des déchets et la pollution des sols», affirme la mairie. Le cabinet est aussi chargé de réaliser un inventaire de la faune et de la flore et de compiler des données batymétriques pour préciser la profondeur de l’eau et les engins de chantier capables de se rendre sur le site.

Une promesse de campagne

Ces derniers travaux sont financés à 30% par la ville et à 70% par l’Agence de l’eau Seine Normandie et l’Ademe, après le feu vert donné en mai 2018 par Nicolas Hulot, alors ministre de l’écologie du gouvernement d’Edouard Philippe, ancien maire du Havre. Réélu à la mairie le 5 juillet dernier, l’ancien Premier ministre a de son côté promis, pendant la campagne, que « l’affaire des décharges de Dollemard sera réglée à mi-mandat, en 2023».

Deux scénarios à l’étude

Deux solutions se présentent pour l’instant. D’un côté l’endiguement devant la falaise, pour éviter le relargage des déchets, qui resteraient sur place. De l’autre, leur retrait total par la mer, soutenu par les associations, avec un risque d’effritement de la falaise (pour un coût oscillant entre 17 et 21,5 millions d’euros HT).

A son pied, se trouvent aujourd’hui entre 300.000 et 400.000 mètres cubes de déchets, étendus sur une bande de près d’1 kilomètre, selon la première étude réalisée en avril 2019. Il s’agit à 80% de déchets de béton et de ciment et à 20% de plastiques et de ferrailles. Le site accueille aussi des hydrocarbures et potentiellement des déchets amiantés.

70 ans plus tard

Cette décision s’avère d’autant plus urgente qu’entre 30 et 80 mètres cubes sont encore déversés en mer, chaque année, selon l’association Ecologie pour le Havre. Elle pourrait intervenir début 2021, alors que la falaise, qui s’érode à raison de 20 centimètres par an, a commencé à rejeter des déchets dès les années 1950, selon Marc Migraine, adjoint au maire en charge de l’environnement.