Bien-être animal: un zoo du Tarn fermé

Le 23 octobre 2020 par Romain Loury
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Un tigre jugé dans un état "cadavérique" par les inspecteurs
Un tigre jugé dans un état "cadavérique" par les inspecteurs
Twitter Barbara Pompili

Le ministère de la transition écologique a annoncé, vendredi 23 octobre, la fermeture immédiate du parc animalier des Trois vallées, dans le Tarn, en raison de manquements majeurs au bien-être animal et à la sécurité du public.

Hébergeant 600 animaux de 70 espèces, dont des fauves (lions, tigres, panthères noires, pumas), le zoo des Trois Vallées, situé à Montredon-Labessonnié (Tarn), va fermer. A l’origine de cette décision, un contrôle inopiné le 19 octobre a révélé une mise en danger des animaux, du personnel et des visiteurs, outre un manque d’information et de pédagogie vis-à-vis du public, explique le ministère dans son communiqué.

Consultables sur internet, plusieurs témoignages de visiteurs sont des plus éloquents. Photos à l’appui, certains dénoncent l’état déplorable des animaux, dont des fauves faméliques, ainsi que des équipements vétustes. Quant à la sécurité du public, elle se limite, pour les fauves, à une simple grille séparant visiteurs et visités.

A compter de la décision, annoncée jeudi 22 octobre aux dirigeants du zoo, ceux-ci ont «désormais un mois pour transférer les animaux dans des établissements habilités et fonctionnant correctement. L’Etat sera particulièrement vigilant sur ces transferts et sur le devenir des animaux», indique le ministère, qui rappelle les mesures annoncées fin septembre en faveur du bien-être de la faune captive.

Un «complot», selon les dirigeants du zoo

Occupé à éloigner des visiteurs ignorants de la décision («C’est fermé définitivement, lisez les journaux!»), Riccardo Mancini, vétérinaire du zoo, dénonce auprès du JDLE «un complot organisé par un refuge de la faune sauvage». En l’occurrence La Tanière, zoo-refuge récemment créé près de Chartres afin d’accueillir des animaux issus de trafic, victimes de maltraitance ou rescapés de laboratoires. Dans un communiqué, les dirigeants du zoo des Trois Vallées affirment avoir reçu en septembre la visite d’un fondateur du Refuge, qui leur aurait demandé de leur céder le zoo.

Interrogé sur les photos de fauves maigres, dont la publication sur les réseaux sociaux relève, selon le zoo,  d’une «campagne de dénigrement concerté» animée par des «visiteurs atypiques», Riccardo Mancini affirme les nourrir convenablement, leur poids variant selon les saisons. Quant à l’identité du lieu d’accueil des animaux, rien n’a été décidé pour l’instant, ajoute le vétérinaire.

Morbihan: le projet de Rewild en grande difficulté

L’affaire n’est pas sans rappeler celle d’un autre zoo, celui de Pont-Scorff (Morbihan), racheté en décembre 2019 par l’association Rewild via une opération de fundraising. Alors présentée comme un sauvetage d’animaux en mauvaise santé, l’opération, qui visait à transformer le zoo en centre de réhabilitation avant réintroduction en milieu naturel, file du mauvais coton.

Après une demande préfectorale de mise en conformité début septembre, le zoo s’est vu intimer l’ordre de fermer deux semaines plus tard. En cause, un manque de personnel qualifié, des négligences dans l’entretien, une mortalité suspecte parmi les animaux, voire des évasions de certains d’entre eux.

Pour plusieurs professionnels des parcs zoologiques, le projet de Rewild, teinté de militantisme plutôt que d’expertise, pêchait par son utopisme. Gérant du zoo de Pont-Scorff nouvelle formule, Jérôme Pensu avait échoué à mettre en place dans les Landes un projet similaire, le Biome, dont la démesure était pointée jusque chez les militants écologistes locaux.