Bâtiment: les citoyens se concentrent sur l’existant

Le 22 juin 2020 par Victor Miget
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rénovation façade immeuble isolation extérieure
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Le volet logement de la convention citoyenne pour le climat (CCC) fait la part belle à la rénovation énergétique des bâtiments. Au détriment de la construction?

 

Le parc immobilier français est à l’origine de 16% des émissions de gaz à effet de serre (GES) françaises. Sans surprise, , le secteur du bâtiment a été un sujet central des discussion de la CCC. Selon leur conclusion, une réduction par 10 des émissions est nécessaire pour atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050. «A plus court terme, pour atteindre l’objectif de réduction d’au moins 40% des GES en 2030, les émissions des bâtiments doivent être divisées par 2 (-49% par rapport à 2015 pour respecter la trajectoire de la Stratégie nationale bas carbone-SNBC)».

Pour y parvenir, le mot d’ordre était certes construire mieux, mais surtout rénover plus. «Beaucoup de choses sont faites aujourd’hui mais principalement via des leviers incitatifs qui n’ont pas suffi pour réduire les émissions», regrette la CCC dans son compte rendu.

Objectif 2040

Pour y remédier, pas de secret: il faut forcer les choses. Les citoyens souhaitent passer d’une rénovation des petits pas, à une rénovation globale (toit, isolation, fenêtre, chauffage et ventilation), en multipliant le rythme par trois. Soit la bagatelle de 20 millions de logements à restaurer d’ici à 2030. Dont environ 5 millions de passoires thermiques. Ensuite, la rénovation énergétique deviendrait obligatoire d’ici à 2040, pour les propriétaires occupants comme bailleurs. Objectif? Atteindre un niveau de performance énergétique A ou B du diagnostic de performance énergétique. Cette disposition concernerait aussi l’Etat et ses bâtiments publics.

Un vaste dispositif d’accompagnement rendrait la rénovation accessible à tous. Au menu: «des moyens financiers publics et privés largement augmentés ainsi que des guichets uniques de proximité pour aider chacun à mettre en place et financer sa rénovation», prophétise la convention citoyenne.

Ces guichets uniques offriraient un service public d’accompagnement à la rénovation pour tous, du diagnostic initial au contrôle final en passant par le dossier de financement et le choix des intervenants agréés.

Une addition salée

Pour cocher la case rénovation énergétique, le rythme annuel de dépenses atteindrait 22 milliards d'euros… par an. « Dont 15,5 milliards pour rénover 500.000 logements par ans F/G (11,2 milliards pour les maisons individuelles et 4,2 milliards pour les logements collectifs) et de 6,7 milliards pour rénover 300.000 logements D/E par an (5 milliards pour les maisons individuelles et 1,7 milliard pour les logements collectifs », détaille le rapport de la CCC.