Barakah 1 inaugure l'énergie nucléaire dans les Emirats

Le 25 août 2020
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Barakah compte 4 réacteurs de 1300 MWe.
Barakah compte 4 réacteurs de 1300 MWe.

Le premier réacteur de la centrale nucléaire des Emirats arabes unis est entré en service la semaine passée. Une première dans le monde arabe.

Ce nom est celui de l’une des plus grandes défaites de l’industrie nucléaire française. Barakah devait être le premier gros contrat à l’export des producteurs du réacteur EPR. En décembre 2006, les Emirats arabes unis (EAU) annoncent leur intention de construire leur première centrale nucléaire. Un marché que convoitent Areva, EDF, GDF Suez et Total.

Trois consortia sont retenus à l’issue de l’appel à manifestation d’intérêt : le français, un américano-japonais (réacteur ABWR proposé par GE Hitachi) et un sud-Coréen, mené par Kepco, qui vante les mérites de l’ APR1400, un réacteur de technologie coréenne. Malgré le forcing tricolore, c’est ce dernier qui emporte la compétition.

4 réacteurs moins chers qu'un EPR

Signé en décembre 2009, le marché porte sur la construction de quatre réacteurs de 1345 MWe de puissance unitaire, leur chargement en combustible et la mise en service. Le tout pour un montant d’environ 20 milliards de dollars : moins cher que la réalisation du seul EPR de Flamanville. La première centrale électronucléaire du monde arabe devra être construite à Barakah, à 300 km à l’ouest d’Abou Dhabi. L’installation devra fonctionner 60 ans et fournir 25 % du courant consommé par les EAU.

Les premiers bétons sont coulés en juillet 2012, moins de trois ans après la conclusion de l’accord. Mené tambour battant, le chantier suit à peu près le rythme prévu. La première tranche entre en service commercial, le 19 août, accusant quelques mois de retard par rapport au planning original. Alors que le démarrage de la seconde tranche est prévu prochainement, Emirates Nuclear Energy Corporation (Enec), l’exploitant, estime que les niveaux d’achèvement des tranches 3 et 4 sont, respectivement, de 93 % et de 86 %.

Si les Français ont perdu une bataille, ils n’ont pas totalement perdu la guerre de Barakah. En novembre 2018, EDF et l’Enec signaient un accord. 10 années durant, l’énergéticien français accompagnera son partenaire émirati dans les domaines de la sûreté, de la radioprotection, de la gestion du cycle du combustible et du suivi environnemental.