Amorce attend de pied ferme la fin des plastiques non recyclables

Le 16 septembre 2020 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
L'interdiction des plastiques non recyclables attendue en 2023 ?
L'interdiction des plastiques non recyclables attendue en 2023 ?

Globalement satisfaite du plan de relance dans son volet Economie circulaire, l’association de collectivités Amorce pointe toutefois des zones d’ombre et des oublis dangereux en matière d’économies d’eau.

Rien à redire ou presque. Contrairement à la consigne des emballages en plastique, proposée un temps dans le projet de loi sur l’économie circulaire, les collectivités réunies au sein d’Amorce voient plutôt d’un bon œil ce plan de relance. Ainsi que l’enveloppe de 500 millions d’euros sur 3 ans qui doit doubler le montant annuel du fonds Economie circulaire de l’Ademe.

Haro sur les plastiques non recyclables

«Le plan vise surtout à rendre tous les plastiques recyclables en 2023 et à trier à la source des biodéchets, cet objectif étant doté de 100 millions d’euros d’ici à 2022 alors qu’il sera obligatoire en 2023. C’est un coup de pouce à saluer», commente Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce, qui estime toutefois le coût à 500 M€ sur l’ensemble du territoire. La recyclabilité totale des plastiques devrait d’ailleurs être inscrite dans le projet de loi découlant de la convention citoyenne sur le climat (cf encadré).

Attendu d’ici à fin septembre, le projet de loi issu de la convention citoyenne sur le climat devrait favoriser l’implantation du vrac dans tous les magasins, l’essor de la consigne du verre lavable, les emballages biosourcés compostables, une Teom favorisant les pratiques écologiques et la recyclabilité totale des plastiques en 2023, selon Amorce. Les consultations sont en cours au ministère de l’écologie.

Autres points positifs: le fonds de 80 M€ dédié à la filière des combustibles solides de récupération «à condition que le niveau d’aide soit à la hauteur», l’enveloppe de 80 M€ pour le réemploi et la réutilisation et l’accent sur l’intégration des matières recyclées et la collecte des déchets hors foyer.  

Mauvais curseur sur les dépôts sauvages

Un bémol concernant les dépôts sauvages, non visés par le plan de relance mais par un projet de décret découlant de la loi Agec[1]. Le texte actuel prévoit une participation financière des filières Rep à condition que le dépôt sauvage dépasse 100 tonnes. «Ce qui exclut quasiment tous les dépôts sauvages», observe Nicolas Garnier.

Pas de transition écologique de l’eau

En matière d’eau, les critiques coulent en revanche à flots. Au niveau financier tout d’abord, l’enveloppe de 300 M€ pour moderniser les réseaux étant jugée insuffisante par rapport aux enjeux. Au niveau écologique ensuite. «La transition écologique de l’eau a été totalement laissée de côté. On le regrette. Alors que les sécheresses se répètent et qu’on commence à manquer d’eau pour les besoins essentiels, aucune mesure ne vise les économies d’eau ni d’ailleurs la lutte contre les micropolluants», tance Nicolas Garnier. L’association préconise de décliner l’objectif de baisser de 10% les prélèvements d’ici à 2025 au sein des Sdage et Sage «pour entrer dans une dynamique d’objectifs chiffrés».

Côté gouvernance, Amorce entend bien retrouver sa place à la commission inter-filières, qui a été supprimée dans le projet de décret en cours de finalisation. Aux dernières nouvelles, la messe n’est pas dite. L’association compte bien siéger dans cette instance-clé pour l’orientation des filières Rep et continuer à y porter la voix des collectivités.



[1] Agir contre le gaspillage et pour l’économie circulaire