Alteo assure que ses rejets en mer sont conformes

Le 27 août 2020 par Stéphanie Senet
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Les rejets liquides ont bénéficié de près de cinq ans de dérogations préfectorales
Les rejets liquides ont bénéficié de près de cinq ans de dérogations préfectorales

A la recherche d’un repreneur, le fabricant d’alumines Alteo a annoncé, ce 27 août, que ses rejets liquides en Méditerranée respectaient enfin les plafonds DB05 et DCO, pour lesquels ils bénéficiaient d’une dérogation depuis décembre 2015.

Une porte-parole de l’usine basée à Gardanne (Bouches-du-Rhône) a déclaré que «la dernière unité de traitement des eaux a été mise en route cet été» et qu’elle permettra de rentrer dans les clous réglementaires «pour la demande biologique en oxygène (DB05) et la demande chimique en oxygène (DCO)».

Cinq ans plus tard

Il était temps… Reportée à de maintes reprises, l’échéance prévue par l’arrêté préfectoral dérogatoire était fixée au 30 août 2020. Le dernier report (du 20 juin au 30 août) a été justifié par la crise sanitaire par le préfet des Bouches-du-Rhône. Initialement, le représentant de l’Etat avait donné, en 2015, un passe-droit à Alteo jusqu’au 31 décembre 2021, au grand dam des associations environnementales. Mais la justice avait réduit ce délai de deux ans. Au total, l’entreprise a rejeté des boues rouges en Méditerranée pendant trente ans puis des effluents liquides depuis décembre 2015.

Redressement judiciaire

Placée en redressement judiciaire le 12 décembre dernier suite à une baisse brutale de ses commandes, Alteo a investi plus de 36 millions d’euros pour traiter ses effluents. Pour l’heure, elle a reçu 8 offres de reprise dont la plupart envisagent d’abandonner le traitement de la bauxite sur le site.

Information judiciaire

L’entreprise est visée par une information judiciaire, au tribunal judiciaire de Marseille, pour ses rejets effectués en Méditerranée entre juin 2012 et juillet 2018 (boues rouges puis effluents liquides) ainsi que ses émissions de poussières sur le site de stockage des résidus de bauxite à Bouc-Bel-Air.