Alimentation: Bruxelles sommée d’interdire l’additif E171

Le 09 octobre 2020 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
L'E171, un additif en partie sous forme nano
L'E171, un additif en partie sous forme nano
DR

Les députés européens demandent à la Commission européenne d’interdire l’additif alimentaire E171, à savoir le dioxyde de titane, dans une résolution adoptée jeudi 8 octobre. En France, il est banni des produits alimentaires depuis janvier.

D’intérêt purement cosmétique, l’E171, retrouvé dans les confiseries, les gâteaux, les desserts et les chewing-gums, est interdit en France depuis janvier, une première dans l’Union européenne. Parmi les éléments ayant entraîné ce retrait, une étude publiée en janvier 2017 par des chercheurs de l’Inra[i], qui suggère un risque accru de cancer colorectal de cet additif, en partie sous forme nanoparticulaire.

Le sujet s’est invité au Parlement européen: jeudi 8 octobre, une résolution demandant l’interdiction de l’E171 a été adoptée à une large majorité (443 voix, 118 contre et 135 abstentions). Emanant de la commission environnement, notamment des Français Michèle Rivasi (Verts) et Eric Andrieu (Alliance progressiste des socialistes et démocrates), ce texte a trait à un projet de règlement de la Commission, dans lequel celle-ci conforte le maintien de l’E171 sur le marché, en en fixant la définition et les spécifications.

Bruxelles doit modifier ou retirer son projet

Face à cette opposition, la Commission est désormais sommée de modifier ou de retirer son projet. Selon Eric Andrieu, «on ne peut pas faire courir un tel risque aux Européens, la santé n’a pas de prix. Ursula von der Leyen a fait de la lutte contre le cancer une priorité de la Commission européenne. Elle devrait commencer par demander à l’institution qu’elle préside de lutter contre les causes des cancers, notamment contre les produits chimiques qui envahissent notre quotidien, plutôt que de les autoriser».

Alors qu’une nouvelle étude de l’Inrae démontre pour la première fois que l’E171 peut passer la barrière placentaire, y atteignant le fœtus, l’association Agir pour l’environnement, très engagée contre l’E171, demande à aller plus loin en France. Outre un renouvellement de la suspension de janvier 2020, prévue pour une période d’un an, elle exhorte de nouveau le gouvernement à le bannir de dentifrices, des cosmétiques et des médicaments. Une demande jusqu’alors rejetée par Bercy.



[i] Désormais Inrae, pour Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement