A Lyon, l’Anneau des sciences victime collatérale de la Covid19 ?

Le 20 mai 2020 par Victor Miget
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Le maire (LREM) de Lyon, Gérard Collomb
Le maire (LREM) de Lyon, Gérard Collomb

Sur fond de crise sanitaire et d’élections métropolitaines et municipales, le maire sortant Gérard Collomb a admis, mardi 19 mai, que le projet de bouclage du périphérique lyonnais, dont il est le plus fervent défenseur, devait être revu. Dans sa nouvelle copie, priorité est donnée aux transports en commun.

 

La réalisation du tronçon sud-ouest du périphérique lyonnais (Anneau des sciences), ardemment défendu par le maire sortant de Lyon et candidat LREM aux élections métropolitaines, Gérard Collomb, était un point de friction entre les différents candidats dans la capitale des Gaules. La droite y était favorable, moyennant ajustements, quand les écologistes jugeaient ce projet anachronique et écocide.

Virage à 180°

Mardi 19 mai, le tandem Gérard Collomb et Yann Cucherat, candidat (LREM) à la mairie de Lyon, ont estimé dans un communiqué commun, qu’au regard de la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19, «les finances des collectivités locales, en particulier leurs capacités d’autofinancement vont être profondément touchées, avec pour conséquence une contraction de leur investissement». Traduction: le bouclage du périphérique n’est plus viable. «Même si ses finalités demeurent pertinentes», précisent-ils.

Priorité devra donc être donnée aux transports en commun. Il s’agit désormais de «libérer de l’espace en surface pour les bus, les vélos et les véhicules plus propres». Le communiqué insiste sur la nécessité de mailler le réseau de transport, tous modes confondus. Et ce, en améliorant les liaisons ouest-est et en développant une desserte circulaire de l’agglomération. Il est question de «fluidifier l’A450 et l’A7 et d’accompagner la bascule modale vers les transports propres, qui doit se faire au plus vite, mais les milliers de voitures qui circulent ne vont pas disparaître immédiatement».

Concilier avec la vague verte

Voilà de quoi satisfaire les écologistes. «C’est toujours heureux qu’il y ait de plus en plus de monde contre ce projet», se réjouit Bruno Bernard (EELV). Arrivé en tête du premier tour des élections métropolitaines, ce dernier place Gérard Collomb en fâcheuse posture : bon quatrième derrière le candidat LR, François-Noël Buffet, et le LREM dissident, David Kimelfeld. Du côté des élections municipales, LREM ne fait guère mieux. Grégory Doucet (EELV) mène le bal avec 29 % des voix; Yann Cucherat, 3e avec moins de 15 % des suffrages.  

Dans ce désengagement, difficile pour l’opposition de voir autre chose qu’un calcul politique. Plutôt que l’effet coronavirus ou une subite envie d’écologie, elle y voit une tentative de rapprochement avec les écologistes, grands favoris aux élections métropolitaines et municipales. Ou encore une tentative de Gérard Collomb pour se rapprocher de David Kimelfeld, son meilleur ennemi.

Quant à dire que ces résultats électoraux ont incité les élus à changer leur fusil d’épaule… Bruno Bernard ne s’y risque pas. S’il nous confie être «amusé par ce changement de position», il confirme l’argument économique avancé dans le communiqué. «La crise sanitaire va fragiliser nos finances publiques et on ne sait pas pour combien de temps.»